Contes oss?tes en fran?ais
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Le roi des djinns demanda:
– “Les avez-vous trouves?”
Ils repondirent a nouveau:
– “Nous n'avons meme pas rencontre de gens du pays en chemin. A un endroit seulement, un pretre et un diacre celebraient le service divin dans une eglise, et nous n'avons vu personne d'autre.”
Le roi des djinns a dit:
– “C'etait eux, mais vous ne les avez pas reconnus. Maintenant, vous ne pourrez plus les trouver! Ma fille ne s'est pas reconnue! C'etait une coquine et elle s'est enfuie comme une coquine! On ne peut plus rien faire pour elle, laissons-les.”
La fille du roi des djinns s'apercut que la poursuite avait fait demi-tour et a dit a son mari:
– “Maintenant, allons-y sans crainte!”
Ils arriverent a sa maison. La vieille femme etait deja morte, mais sa maison au toit de chaume etait toujours la.
– “Voici notre maison pour toi!” – a dit le jeune homme a sa femme. “C'est ainsi que j'ai vecu pauvrement!”
Et sa femme a repondu:
– “La propriete est une question de temps. Ne t’inquiete pas pour cela.”
Elle a fait une demande a Dieu:
– “Qu'il y ait de grandes maisons a cet endroit avant le matin!”
Au matin, ils se reveillerent et virent de grandes maisons. La fille du roi des djinns reprit la parole:
– “Que ces maisons soient remplies d'ornements en or, selon les besoins! Qu'il y ait pour mon mari des vetements d'etoffes couteuses pour s'habiller de la tete aux pieds! Et qu'il y ait pour moi les plus beaux vetements de femme, avec deux equipes! Et elle demanda aussi: “Dieu, qu'il y ait une table sur toute la longueur de notre maison, remplie de nourriture et de boisson en abondance!”
Le mari et la femme s'asseyaient a table, mangeaient et discutaient sincerement de leur amour. Et ils ne s'admirent pas l'un l'autre. Puis elle a repete:
– “Qu'un garde se tienne a nos portes, afin que nous soyons debarrasses des visiteurs indolents.”
Ils ont donc vecu et vivent encore aujourd'hui.
Comme vous ne les avez pas vus, puissiez-vous ne pas voir d'autres malheurs, d'autres maladies, et que Dieu nous delivre de ce lieu en toute securite.
Le pauvre et le riche khan
Dans les temps anciens, un homme appela son fils et lui donna trois instructions: ne jamais accueillir d'orphelins dans sa maison, mais les soutenir en dehors de sa famille; ne jamais preter d'argent a quelqu'un de plus riche que soi; ne jamais reveler ses pensees les plus intimes a sa femme.
Lorsqu'il a donne ces instructions a son fils, il lui a demande de les respecter de maniere sacree, de ne les enfreindre en aucune facon, car leur violation mettrait le fils dans une situation difficile.
Le pere mourut bientot et le fils voulut experimenter dans sa vie la verite des instructions de son pere. Il prit des orphelins dans sa maison pour les elever. Puis il preta de l'argent au khan, qui etait plus riche que lui. Il garda bien les orphelins et ne les maltraita en rien.
A l'expiration du delai convenu, il demanda au khan de payer sa dette. Le khan se mit en colere, ordonna a ses serviteurs de le battre et le menaca:
– “De quel argent parles-tu? Si tu me rappelles encore une fois ta dette, un grand malheur s'abattra sur ta tete!”
En represailles, le pauvre homme en colere vola un troupeau de chevaux du khan et y placa son tamga. Mais il ne se contenta pas de cela. Pensant que cette vengeance n'etait pas suffisante pour le khan, il decida de lui enlever egalement son fils. C'est ce qu'il fit: il enleva son fils unique au khan et l'envoya etudier a l'ecole.
Le khan se mit a la recherche de son fils et de ses chevaux. Ses recherches furent vaines et il se tourna alors vers une sorciere pour lui demander de l'aide et des conseils:
– “Je n'arrive pas a retrouver mon fils et les chevaux qu'on m'a voles!” – lui a-t-il dit. “Un tel cas ne s'est jamais produit! Aide-moi!”
La sorciere lui dit:
– “Ne les cherche pas en vain et ne les exige de personne, sauf de celui a qui tu as emprunte de l'argent et que tu n'as pas rembourse.”
Le khan devait s'en assurer et demanda a la sorciere de demander a la femme du pauvre si son mari avait vraiment vole son fils et ses chevaux.
La sorciere se rendit a la maison de la femme du pauvre et, comme si elle sympathisait avec elle, lui a dit:
– “Ton mari a souffert innocemment, il a demande le paiement de la dette, et le riche khan a ordonne qu'il soit battu.”
La femme du pauvre homme a repondu a la sorciere:
– “Je ne sais rien a ce sujet, mon mari ne m'a rien dit.”
– “Quel genre d'epouse es-tu dans ce cas, si ton mari ne te parle pas de ses affaires?!” – lui a dit la sorciere.
Elle a partit donc cette fois sans rien savoir. Le soir, la femme du pauvre homme raconta a son mari la visite de la sorciere. Il ne lui repondit que ceci:
– “A qui appartient ce qu'il a obtenu, c'est ce qui lui appartient.”
Le lendemain, la sorciere revint voir la femme du pauvre homme et lui demanda:
– “Une fois de plus, tu n'as rien appris?”
– “Il ne m'a dit que ceci,” a-t-elle repondu: “Quiconque recoit quoi, que ce soit bon pour lui!”
La sorciere, ravie, se rendit en hate aupres du khan et lui dit:
– “Ne t'ai-je pas dit que les chevaux et ton fils sont chez celui a qui tu as emprunte de l'argent et que tu n'as pas rembourse!”
Le khan appelle alors le pauvre homme aupres de lui et lui demande:
– “As-tu mon fils et mes chevaux?”
– “J'en ai!” – a repondu le pauvre homme.
– “Dans ce cas, je te cede mon khanat, c'est toi qui dois etre le khan, pas moi.”
Pendant ce temps, les orphelins, que le pauvre avait accueillis dans sa famille et auxquels il n'avait jamais fait de mal, se retournaient contre lui, cherchant une occasion de le tuer. Le pauvre a dit:
– “Comme mon pere avait raison! J'ai ete convaincu par ma propre experience de la veracite de ses instructions.”