ЖАНРЫ

La fille de Fant?mas (Дочь Фантомаса)
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Teddy eut un petit rire nerveux et regarda Fandor bien en face.

— Je sais que Wilson Drag est innocent du vol qu’on lui reproche.

— Mais, bon Dieu, petite crapule, hurla Fandor, dites donc la v'erit'e pour une fois et ne faites pas perp'etuellement des myst`eres.

L’adolescent ne r'epondit pas, mais un tremblement nerveux le secoua tout entier.

Fandor, sans s’apercevoir de l’'etat de Teddy, poursuivait, lanc'e :

— D’abord j’aime autant tout vous dire, je suis net et franc, moi, cat'egorique et sinc`ere, moi, eh bien, Teddy, si vous ^etes s^ur de l’innocence de Wilson Drag, moi je suis certain de votre culpabilit'e, car, hier au soir, je vous ai vu voler dans le cabinet de Hans Elders. Voler l’argent dissimul'e dans les cartouches. Cet argent que vous vous ^etes appropri'e, cet argent qui me br^ule les doigts, car si quelqu’un a trich'e tout `a l’heure, ce n’est pas moi, mais vous. Vous qui avez perdu pour me faire gagner l’argent de votre vol d’hier.

Et joignant le geste `a la parole, Fandor jeta au visage de Teddy, horriblement p^ale, les billets de banque que le journaliste avait si facilement gagn'es quelques instants auparavant.

Teddy r'eagissant toutefois avait compl`etement repris son sang-froid.

Sans la moindre vergogne, il ramassa un `a un les billets que Fandor avait jet'es autour de lui.

— Monsieur Fandor, fit-il d’une voix douce et persuasive, cet argent vous l’avez bien m'erit'e, il vous appartient, gardez-le…

Fandor protesta du geste, Teddy n’insista pas :

— Soit, ajouta-t-il, je le conserve, il est `a votre disposition et vous me le r'eclamerez bient^ot, car il est juste que vous en ayez la propri'et'e. Monsieur Fandor, cet argent n’a rien de commun avec celui que vous m’avez vu prendre hier au soir dans les cartouches de Hans Elders. Dr^ole de coffre-fort, n’est-il pas vrai, monsieur Fandor, soit dit en passant, pour serrer de l’argent ? J’ajoute que ce vol, puisque tel est le mot qui semble vous plaire, je l’ai commis. Je ne le nie pas, je ne le regrette point, je m’en vante. Ce serait `a refaire que je recommencerais…

Au fur et `a mesure que Teddy parlait, Fandor sentait sa raison chavirer : Ce gamin avait une telle pond'eration, une telle facon de pr'esenter les choses, avec des sous-entendus si 'etranges et si concluants, qu’il semblait devoir avoir raison et cependant…

— Teddy, vous en savez long certainement sur le vol du n`egre, eh bien, au nom de notre amiti'e naissante, dites-moi la v'erit'e.

Teddy rougit de plaisir, tendit sa petite main `a Fandor, celui-ci la serra sans arri`ere-pens'ee.

Soudain rass'er'en'e par l’attitude plus confiante de son ami, Teddy s’installa `a califourchon sur une chaise, et les deux bras crois'es sur le dossier, souriant d’un air narquois, il commenca :

— Mon ami Fandor, vous ^etes un sot, et si vous n’aviez pas Teddy `a c^ot'e de vous, pour vous tirer d’affaire, vous seriez embarqu'e dans les plus d'esesp'erantes aventures. Mais Teddy tient `a vous, car vous lui ^etes sympathique. Oh ! cela oui, tr`es sympathique, je vous l’assure.

Teddy s’arr^eta une seconde, puis reprenant avec pr'ecipitation :

— Avec vous, `a nous deux, nous allons tirer ces t'en'ebreuses affaires au clair. 'Ecoutez : Hans Elders est le voleur, c’est un brigand, un monstre, un bandit sinistre. Il a vol'e l’argent de Jupiter. Il a fait croire `a ce pauvre n`egre que c’'etait le lieutenant Wilson Drag qui l’avait d'erob'e. Hans Elders a jou'e ce vilain tour `a l’officier parce qu’il savait que Wilson Drag 'etait l’amant de sa fille Winifred, l’amant de Winifred, entendez-vous, Fandor, et qu’il ne veut `a aucun prix, de ce lieutenant sans fortune pour gendre.

— Mais, interrompit Fandor, tout cela ne m’explique pas…

— … L’affaire des cartouches n’est-ce pas ? Rien n’est plus simple, mon cher ami… Hans Elders a simul'e un vol et il a pr'ecieusement rang'e l’argent d'erob'e au brave n`egre Jupiter. Le hasard d’un fusil qu’il a fallu charger m’a fait d'ecouvrir la cachette de Hans Elders, et le contenu des cartouches roses. Je les ai prises pour rendre `a Jupiter sa petite fortune. Et voil`a. Jupiter depuis ce soir est en possession de son argent. Voyons, Fandor, ai-je eu tort et en bonne 'equit'e est-ce commettre un vol que voler un voleur pour d'esint'eresser le vol'e ?

— Il faudra tirer Wilson Drag d’affaire.

— Oui, ce pauvre garcon expie ch`erement son incorrection.

— Quelle incorrection ? interrogea Fandor.

Teddy rougit, un peu embarrass'e :

— Ne vous ai-je pas dit qu’il avait fait sa ma^itresse de Winifred Elders ?

— Oh ! s’'ecria Fandor, si ce n’est que cela…

Fandor n’insista pas, il comprenait que Teddy avait des principes avec lesquels il convenait de ne pas transiger. Fandor avait d’ailleurs une autre question `a poser `a son bizarre petit camarade.

— R'epondez-moi, dit-il franchement, vous pouviez ne rien dire tout `a l’heure et c’est tr`es dur ce que vous avez fait : accuser le lieutenant d’un crime dont il est innocent, pourquoi ?

— Je vous l’ai dit, Fandor, pour 'eviter qu’il ne se batte avec vous. Pour vous sauver.

— Pour me sauver, r'ep'etait tout bas Fandor, perplexe.

Puis, fixant `a nouveau le jeune homme :

— Pourquoi vouliez-vous tant me sauver ?

Teddy parut horriblement g^en'e par cette question. Fandor r'ep'eta sa question.

Elle eut pour r'esultat de faire fuir Teddy qui, avant de se s'eparer de Fandor, lui lancait cette phrase 'enigmatique :

— Vous le saurez lorsque nous aurons retrouv'e la fameuse t^ete de mort.

Puis il disparut.

11 – UNE BONNE FARCE

'Etrange cavalier.

Apr`es un temps de galopade folle, o`u il avait fait preuve d’une extraordinaire habilet'e pour diriger sa b^ete, la relever quand elle butait aux pierres du chemin, la calmer quand elle s’effarait d’un aspect plus sinistre du paysage, il venait, reprenant rudement les r^enes, de se mettre au pas.

Le cheval qu’il montait, imp'etueux, ardent, acceptait mal cette allure tranquille, mais son ma^itre devait ^etre un cavalier hors ligne, car indiff'erent `a ses r'evoltes fr'emissantes, il le maintenait sans apparence d’effort, le forcait `a se plier `a son caprice.

Les lieux par lesquels passait ce cavalier eussent encore ajout'e `a l’'epouvante que pouvait causer sa seule apparition : Ravins, collines, rivi`eres dess'ech'ees avec, par endroit, des blocs de rochers, 'ecroul'es de la montagne, obstruant le chemin ; ailleurs, un torrent qui coupait la route, se ruant aux bords escarp'es de son lit d'evalant avec fracas, pour se perdre, plus loin, dans une vall'ee.

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