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ЖАНРЫ

Сочинения. Том 2

Тарле Евгений Викторович

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Il fut propos'e d’h^ater en ma faveur celte soumission; mais l’adjudication publique parut `a la municipalit'e des moyens propres `a garantir l’administration des soupcons qu’elle presumoit pouvoir s’'el'ever contre elle et cette d'ecision fut adopt'ee, ce qui occasionna parmi les ouvriers un soul`evement qui se propagea avec une telle violence que le district de Saint-Louis-la-Culture fut oblig'e d’^etre interm'ediateur. Plusieurs membres se pr'esent`erent aux mutins et eurent toutes les peines imaginables `a les appaiser. La garde fut quadrupl'ee. Je fis de mon c^ot'e tous mes efforts et a force d’arguments de pacification, le calme succ'ed^at `a l’orage. Tous ces d'ebats oiseux firent ralentir l’ouvrage, et mettoient ces travaux dans l’inactivit'e pendant un long tems.

Le d'epartement des travaux publics rendit une ordonnance pour arr^eter les soul`evement si multipli'es dont plusieurs chefs ont manqu'e d’^etre les victimes. Elle a produit quoiqu’effet.

Le dix-sept d'ecembre adjudication de la d'emolition de la Bastille fut affich'ee et colle d'efinitive fut fix'ee au 22 dudit c’est-`a-dire un mois apr`es, ma soumission.

La premi`ere ench`ere fut port'ee `a 30 000 1., elle tomba de 50 1. `a 50 1. jusqu’a 28. 600 environ, mais sur une proposition d'es d'eput'es des ouvriers de la Bastille qui se pr'esent`erent comme repr'esentant leurs camarades se rendirent adjudicataires pour 28. 600 environ; les autres ench'erisseurs se retir`erent et le tribunal municipal adjuge^at `a ces ouvriers sous le nom de Rogier la d'emolition de la Bastille.

Ces adjudicataires n’ayant pas leurs missions legales pens`erent payer de leurs vies la hardiesse de leurs d'emarches et furent chass'es de l’atellier.

Il auroit fallu employer toute la force pour assurer aux adjudicataires, ces droits. Le Bureau de ville se vit contraint en vertu de l’opposition formelle de la plus grande partie des ouvriers et pour r'etablir l’ordre d’abandonner toute esp`ece d’adjudication.

Il fut donc arr^et'e le 9 janvier 1790 que l’adjudication serait r'esili'ee, et que la continuation de la d'emolition se feroit comme par le pass'e ce qui emmena le calme pendant quelques jours.

A cette 'epoque je me pr'esente `a la t^ete de mes ouvriers accompagn'e de M-rs Lapois'e et Montizon devant l’assembl'ee des r'epresentants de la commune pour leur faire pr^eter le serment civique. Les quels encourag'es par la r'eception flateuse des membres sollicit`erent une augmentation de paye qui leur fut accord'ee. Le lendemain le prix fut fix'e `a 36 s. au lieu de

30 s. Je desirois, mais je ne pouvois le repr'esenter `a l’Assembl'ee l’inconvenient d’une augmentation de paye surtout dans un tems contre l’usage des entrepreneurs. Cette petite faveur auroit pu procurer l’existence `a 300 p`eres de famille. J’en pris parti de choisir parmi les ouvriers de la Bastille les hommes les plus intelligents que l’on a occup'e `a la Bastille des corps de garde, `a la d'emolition des angars de la Halle `a la Saline et `a l’ancienne Halle au bled, aux bari'eres et `a d’autres atelliers, ou il leur fut fait une augmentation de quatre sous par jour (карандашом приписано): recus de tous les atteliers.

Je pr'esentai un projet de construction d’un 'ego^ut couvert dans les foss'es de l’arsenal. Cet ouvrage d’une grande utilit'e publique et peu dispendieux, en raison des pierres et mat'eriaux convenables qui 'etoient sur place, auroit procur'e `a la ville une tr`es grande 'economie, mais levaste projet du canal Royal pour lequel le S-r Br^ul'e sollicitoit vivement `a cette 'epoque un d'ecret qu’il a obtenu depuis fit rejetter mon plan parce qu’il occupoit la place o`u devoit passer ce canal qui devoit former garre a cet endroit. Il a fallu donc renoncer `a mon projet d’acqueduc. Ici il est bon. de suivre la progression des R^oles de paye malgr'e les pr'ecautions prises de renvoyer les ouvriers non domicili'es et de placer dans les atelliers de secours les ouvriers qui 'etoient `a vingt sous par jour. L’atellier de la Bastille qui devoit naturellement diminuer s’accru (sic) de pr`es du double-par les lettres de recommendation qui venoient de toutes parts, principalement des membres de l’Assembl'ee constituante. Les circonstances f^acheuses du tems forceoient `a recevoir ces honn^etes citoyens, p`eres de famille, r'eduits `a la plus affreuse indigence, ayant perdu `a la R'evolution: leurs 'etats. Toutes ces consid'erations montaient bien l’indulgence `a l’egard de nos fr`eres qui 'etaient les victimes de notre libert'e. Il ne pouvoit pas s’op'erer de bien qu’il ne fit du mal. C’est ce que beaucoup d’individus ont 'eprouv'e et 'eprouvent encore. Il faloit donc, dis-je que cet atellier rec^ut dans son soin ces honn^etes familles pour leur procurer les aliments n'ecessaires.

Vous verrez dans le cours de ce m'emoire le chapitre de la d'epense de la Bastille depuis sa crise jusqu’au d'ecret de l’Assembl'ee Nationale qui adjuge `a la ville le remboursement de la d'epense. Epoque `a laquelle je me suis retir'e; ayant 'et'e plac'e par la nation, je fus forc'e pour ob'eir au decret de m’exclure de cette entreprise. N'eanmoins je cessai tous mes 'equipages et ustensils; apr`es le decret je ne fus que l’entrepreneur honoraire jusqu’au 21 May 1791 auquel je cessai d’aposer mon acquit sur les ordonnances de paye d’apr`es le visa de M. le Maire.

Le r'ecit que je fais au Peuple Souverain et `a vous, Messieurs, par l’expos'e de mon compte n’est que pour satisfaire la nation et me feliciter moy-m^eme sur ma conduite franche et locale. Et pour prouver que rien ne me fera changer de facon de penser ce que ma plume trace, mon coeur le dicte; je suis intacte que l’on m’accuse, je repondrai. Je renvois le lecteur `a ma correspondance g'en'erale qui paroitra aussit^ot qu’elle sera complette. Elle est le seul fruit de mes travaux. Vous y verrez le rapport exacte et fid`ele que j’ai eu dans les d'epartements, districs etc. ainsi que dans les cours 'etrang`eres, les entretiens avec les patriotes amis de la constitution et en g'en'eral la note tr`es detaill'ee de tous les proc`es verbaux qui m’ont 'et'e adress'es. J’invite tout homme en place charg'e de la partie administrative de suivre mon exemple en rendant ses comptes publiquement.

Je ne m’attacherai pas `a donner une description d'etaill'ee sur la Bastille vous en avez les plans, mais je m’appliquerai seulement `a rendre les objets les plus remarquables comme le plan de cette forteresse que contenoit deux tiers d’arpent de superficie, les tours avoient 96 pieds d’elevation — depuis la souche jusqu’au sommet, l’epaisseur des murs 'etaient de six pieds et demi. Que l’on juge de la masse enorme de ce colosse, ces deux tiers d’arpent n’'etaient occup'es que par la longueur et largeur des cours de l’interieur du fort du B^atiment de l’'etat-major et des huit tours, me reservant dans un ouvrage que je mettrai incessament au jour, j’entrerai dans un plus ample d'etail tant du Bastion que des foss'es du logement du gouverneur de l’artillerie et de l’arsenal. Je joins seulement pour l’intelligence et la connoissance de ce chateau fort les plans, coupes, profils, 'el'evations, les sculptures attach'ees `a ce monument comme l’horloge, les cinq statues au dessus de la porte, les differens verroux, les portes de fer nomm'ees portes du tr'esor qui servirent sous le r`egne d’Henry IV `a renfermer son argent. J’ai fait l’acquisition — d’une; elle p`eze 700 livres, elle servoit lors de la prise `a la tourelle qui communiqoit dans les foss'es, les portes de prisons de M. le Cardinal de Rohan et de madame de Lamotte, les instruments de supplice en fer sont en ma possession. Les remarques que j’ai fait des pendatifs, des parties de sculptures gothiques et quantit'e d’inscription sur toutes les pierres, tant dans l’int'erieur des cachots que des prisons cours et d'ependances, dessins, versifications, de la prose, des reflections des mourans, des versets de patiens, des plaintes des vivans dans toutes les langues, de divers papiers trouv'es dans le joint des pierres, ce qui prouve la n'ecessit'e d’avoir an'eanti cette infernale prison. Il est donc aussi n'ecessaire d’avoir la description de la Bastille pour perpetuer le souvenir de l’horreur qu’inspiroit son existence et la joie universelle qu’a occasionn'ee sa destruction. H existait aussi des fortes doubl'ees en fer battu qui renfermoient r'eelement le tr'esor, contenant des cartons dans lesquels 'etoient les papiers saisis sur les prisonniers, qui parloiens sur le gouvernement, et les copies des lettres de cachet; j’y ai trouv'e une lettre int'eressante que je conserve mais que je publierai `a la suite de mes ouvrages.

Cet ouvrage fait aveu soin sera le premier volume que je me fais gloire de dedier aux Electeurs de 1789 en rendant mon compte `a la municipalit'e de Paris, je le d'eposerai aux archives de l’assembl'ee nationale et copie d’iceluy au Roi des francais, `a la soci'et'e-m`ere des amis de la constitution de Paris et, aux 83 departemens afin que ma reddition de compte soit vue et examin'ee de toute la nation entiere. J’attends d’elle le suffrage que j’ai lieu d’esperer.

Je me suis cru oblig'e de venir jusqu’`a cet article pour donner un d'etail du commencement de la r'evolution et des op'erations qu’elle a exig'e. Je ne pouvois faire autrement pour donner au lecteur au moins l’id'ee du compte que je rends. Il sera par ce moyen au fait des incidens, des d'epenses qui y sont d'etaill'ees. Je me borne donc pr'esentement `a faire un extrait des chapitres et des narrations trop longues de diff'erents faits analogues `a la r'evolution. Le public ne pourra me scavoir mauvais gr'e de cette abbreviation qui le rapportera plus promptement au fait des circonstances. Je rends copie exacte de ce m'emoire `a l’Assembl'ee Nationale comme premiers representents de peuple avec l’explication des planches, de gravures que l’on trouvera ci-apr`es; je n’ai rien diminu'e sur ce qui a rapport `a la comptabilit'e, comme 'etant la baze de ce m'emoire les feuilles de paye y sont dans tout leurs entiers et tr`es circonstanci'es; ainsi que des diff'erentes pi`eces qui n’ont pu souffrir distractions, comme formant corps avec cette m^eme baze.

XXVIII

Нац. арх. (Июнь 1791 г.).

D. IV. 51, pi`ece № 17. 1488. Dix sept.

Adresse A Monsieur

le pr'esident

Paris

du Bureau du commit'e de Constitution

de L’assembl'ee Nationale.

Les entrepreneurs de charpente de la ville de Paris, sont venus Reposer dans le sein de l’assembl'ee nationale les sollicitudes que l’insurrection et les vexations de leurs ouvriers leurs occasionent, et ils attendent de votre justice un remede au mal dont le public et eux sont n'ecessairement les victimes.

Les mar'echaux de Paris viennent 'egalement aujourd’hui reclamer l’execution de vos decrets et demandent `a ^etre soustrait a l’espece de tyranie que leurs ouvriers exercent aussi contre eux.

Leurs griefs sont les m^emes, ils ne vous exposeront pas de nouveau ici, ils se contenteront de vous rappeller une v'erit'e que vous avez sans doute d'ej`a saisi M. M. et que l’exp'erience ne justifie que trop; c’est la coalition g'en'erale de 80 mille ouvriers dans la capitale; c’est la r'eunion d’une masse immense d’hommes qui croient devoirs ^etre divis'es d’interets et de principes avec le reste de leurs concitoyens. Les serruriers, les cordonniers, les menuisiers commencent d'ej`a a suivre les traces des charpentiers, des mar'echaux, les autres n’attendent que la reussite des premiers pour suivre les m^emes erremens..

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