ЖАНРЫ

ТОМ 24 — ПРОИЗВЕДЕНИЯ 1880—1884

Толстой Лев Николаевич

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Celui qui n'est pas pr^et `a toutes les privations etаtoutes les souffrances pour accomplir mes commandements n'est pas mon disciple. L[uc]. XIV, 27.

Et alors un certain chef s'approcha de lui et lui adressa cette question: «Mon bon maоtre, que dois — je faire pour obtenir la vie 'eternelle?» Et J['esus], sans lui r'epondre `a sa question, concernant la vie 'eternelle, lui dit: tu connais les commandements de Mo"ise: tu ne comfmetras] p[as] d'ad[ult'ere], tu ne tueras pas, tu ne d'erob[eras] pas, tu ne rfendras] p[as] d[e] f[aux] t'emoignage], tuh[onoreras] t[on] p['ere] et t[a] m['ere]? Le chef r'epondit: Je les connai[s] et je les ai observ'es toute ma vie. Mais je veux ^etre parfait; que me manque — t — il?» Ayant entendu cela J['esus] lui dit: Il te manque une chose: l'absence des richessefs] — la pauvret'e. Si tu veux entrer dans le royaume de Dieu, va vendre tout ce que tu as et donne — le aux pauvres, et puis 'etant pr^et `a toutes [les]privations et toutes les souffrances suis — moi. Le chef entendant cela fut fort afflig'e et se retira car il 'etait riche et tenait `a sa richesse. Alors J'esus dit `a se[s] disciples: Vous voyez bien, c'est la richesse qui emp^eche les hommes* `a entrer dans le royaume de Dieu. Car un chameau entrera plut^ot dans le trou d'une aiguille qu'un riche dans le royaume de Dieu. Et les disciples ayant entendu cela en furent constern'es et dirent: «L'homme ne peut donc pas pourvoir `a son existance?» Et J'esus, les ayant regard'es, dit: L'homme ne le peut pas, ce n'est que Dieu qui le peut. Alors l'un des disciples dit `a J['esus]: «Ce n'est pas de nous que nous parlons. Tu vois que nous avons abandonn'e tous nos bien[s] pour suivre ta loi; mais cette n'ecessit'e d'abandonner tous les biens de ce monde paraоtra trop p'enible aux hommes et il[s] ne te suivront pas». Et J'esus leur dit: Nul n'aura abandonn'e sa maison ou ses fr'eres, ou ses soeurs, ou sa m'ere, ou son p'ere, ou ses enfants, ou ses champs qu'il n'en recoive le centuple maintenant dans ce tem[p]s — ci: des maisons et des fr'eres, et des champs malgr'e les pers'ecutions, et pardessus tout la conscience de la vie v'eritable. Car ceux qui sont riches et se croient les heureux sont les malheureux. Et ceux qui se croient malheureux sont les heureux. Matt. XIX, 16–30. Marc X, 17–31. Luc. XVIII, 18–30.

Et alors pour mont[r]er l'emploi qu'on doit faire des richesses de ce monde, J'esus dit `a ses disciples: Si l'intendant d'un riche seigneur s'attendant `a ^etre priv'e de son emploi, donnait aux autres ce qui ne lui appartient pas pour s'en faire des amis et trouver du secours parmi eux, apr'es ^etre destitu'e par son maоtre, n'agirait — il pas sagement d'apr'es les lois du monde? Si les hommes de ce monde savent agir prudem[m]ent, pourquoi est ce que les hommes n'agiraient pas de m^eme pour les biens de la vie v'eritable. La richesse est toujours injuste. Le seul emploi que nous puissions en faire c'est de le donner en 'echange du bien v'eritable. Luc. XVI, 1—10.

Si nous tenons au bien mensonger nous ne pouvons pas acqu'erir le bien v'eritable. Comme il est impossible de servir deux maоtres `a la fois, il est impossible de poss'eder en m^eme tem[p]s le bien mensonger — la richesse et le bien v'eritable — la conscience d'avoir rempli la volont'e du P'ere. Luc. XVI, 11–13.

Et les juifs orthodoxes, qui 'etaient riches et aimaient la richesse, entendirent cela et ils en furent outr'es et se moquaient de J['esus]. Alors il leur dit: Vous croyez peut—^etre que parce qu[e] les hommes vous estiment pour votre richesse, que v[ou]s [^etes] estimables en v[ou]s m^eme[s]? Ne le croyez pas. Dieu connaоt le coeur des hommes. Et la richesse qui est estimable aux yeux des hommes est une horreur devant Dieu. Luc. XVI, [14,] 15.

Et pour leur montrer que d'apr'es leur loi la richesse est proscrite et la pauvret'e ordonn'ee, il leur dit une parabole: Il y avait un riche comme v[ou]s qui se parait, menait joyeuse vie tous les jours du matin au soir. Et `a sa porte gisait un gueux couver[t] d'ulc'eres qui se nommait Lazare et qui d'esirait se rassasier de ce que tombait de la table du riche; mais au lieu de cela les chiens du riche l'echaient les plaies du pauvre. Apr'es la mort de[s] deux le pauvre mourut il fut port'e dans le sein d'Abraham, le riche dans l'enfer. Et voilа que le riche de l'enfer au milieu des tourments apercut Abraham et Lazare dans son sein. «P'ere Abraham, dit le riche, habitu'e `a ordonner au pauvre, aie piti'e de moi et envoie moi Lazare pour qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau et me rafraоchisse la langue car je br^ule». Mais Abraham r'epondit: «mon fils tuas joui de la vie tandis que Lazare y a souffert, maintenant c'est ton tour. — Et puis Lazare ne peut pas communiquer avec toi. Il y a un abоme infranchissable entre toi et nous». Alors le riche, toujours habitu'e `a ordonner au pauvre, dit: envoie — le au moins vers mes fr'eres qui vivent encore, pour qu'il les avertisse de ce que les attend s'il[s] continuent `a ^etre riches». Mais Abraham dit: «ils le savent sans cela, ils ont Mo"ise et les proph'etes qui ne disent que cela». — «Ils n'y croient pas, dit le riche. Ils y croira[i]ent si quelqu'un de chez les morts venait le leur dire». Mais Abr[aham] dit: «s'ils ne croient pas Mo"ise et les proph'etes ils ne croiraient non plus `a un revenant». Luc. XVI, 19–31.

Et partout o`u il allait Jf'esus] disait `a tous: «Quiconque veut poss'eder la vie v'eritable doit renoncer `a sa vie person[n]elle et ^etre pr^et `a toutes les privations et toutes les souffrances pour avoir la vie v'eritable».

Chapitre VI (SUR LA TERRE COMME AUX CIEUX)

Ce n'est que l'accomplissement de la volont'e de Dieu qui donne la vie v'eritable.

Et les septante disciples qu'il avait envoy'e pour pr^echer le renoncement `a soi me[me] revinrent pr'es de lui et dirent avec joie: «partout on nous 'ecoute, on n[ou]s ob'ei[t] et ton enseignement fait disparaоtre le mal». Luc. X, 17.

Et J['esus] leur dit: Je m'attends `a ce que mon enseignement d'etruit le mal, mai[s] ne v[ou]s r'ejouissez pas de votre pouvoir sur le mal; r'ejouissez v[ou]s de ce que v[ou]s m^emes v[ou]s remplissez la volont'e du P'ere. Luc. X, 20.

Et J'esus tomba en extase et dit: Je te loue, oh P'ere, seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as voulu que les choses se d'ecouvrent non seulement aux intelligents et aux savants mais qu' elles se r'ev'elent surtout aux simples. Je concois que c'est ainsi que tu l'as voulu. Luc. X, 21.

Toutes choses ont 'et'e r'ev'el'ees `a l'esprit de l'homme. Et ce n'est que l'esprit de l'homme qui concoit l'infini et l'absolu. Et l'infini et l'absolu n'est que l'esprit de l'homme. Et, se tournant vers ses disciples, il leur dit: Vous ^etes heureux de vivre dans notre tem[p]s et de concevoir la vrai[e] doctrine 'epur'ee de toute superstition. Plusieurs proph'etes on voulu l'enseigner mais n'ont pu y parvenir. Luc. X, 21–24.

Et il dit: suivez ma loi v[ou]s tous qui vous donnez tant de mal et qui portez vos lourds fardeaux. Chargez — vous du fardeau de ma loi et vous saurez que je suis doux et bon de coeur et vous trouverez le bonheur de votre vie. Car le joug de ma loi est ais'e et le fardeau l'eger. Matt. XI, 28–30.

(Et il entra dans une maison, et la foule l'y suivit au point qu'il ne pouvait prendre son repas). Alors ses proches apprenant tout ce qu'il disait vinrent pour le prendre et l'emmener car on disait qu'il 'etait fou. Marc III, 21.

Mais J['esus] ne se livra pas et alla ailleu[rs]. Et les Juifs poursuivaient J['esus] et cherchaient `a le faire mourir. J. V, 16.

Et les savants venus de J'erusalem disaient: «il pr^eche le mal. Puisque ce n'est que par le mal qu'il d'etruit le mal». — Alors J['esus] leur dit: Si vous dites que c'est par le mal que je d'etruis le mal, vous dites un non — sens. L'ennemi ne peut pas d'etruire l'ennemi. Si quelqu'un d'etruit mon ennemi il n'est plus mon ennemi mais mon ami. Ou bien: Si l'ennemi d'etruit l'ennemi il se d'etruit lui — m^eme. Et si vous d'etruisez votre ennemi vous ne pouvez dire que ce pouvoir soit un mal. Si donc je d'etruis le mal cela ne peut ^etre que par le bien, l'esprit de Dieu. Et si je d'etruis le mal par l'Esprit de Dieu, l'esprit de Dieu s'est donc d'ejа manifest'e `a vous. — C'est pourquoi il est impossible d'^etre indiff'erent `a mon enseignement, il faut ^etre avec moi ou contre moi.

Il faut ^etre cons'equent et si vous dites que le fruit de l'arbre e[s]t mauvais, vous devrez dire que l'arbre l'est de m^eme. Matt. XII, 33.

Celui qui veut donc d'enigrer la source de mon enseignement doit d'enigrer l'esprit de Dieu.

Et le blasph'eme contre l'esprit de Dieu est la seule faute des hommes qui ne peut ^etre pardonn'ee car c'est la r'evolte contre ce qu'il y a de plus saint, la volont'e de Dieu.

Alors quelques uns des savant [s] pharisiens lui dirent: «Dans tous les cas nous voudrions des preuves de ce que tu dis». Matt. XII, 38.

Et J['esus] leur r'epondit: — Les gens demandent une preuve. Les Nin'eviens n'ont pas demand'e de preuves `a Jonas. Il[s] ont vu et entendu Jonas et se sont convertis. Et `a pr'esent quand c'est l'esprit de l'homme qui est plus convaincant que le sermon de Jonas qui le leur dit, ils demandent des preuves. Matt. XII. 38–40. Luc. XI, 29–32.

Et les juifs poursuivaient J['esus] et cherchaient `a le faire mourir. J. V, 16.

Et J['esus] dit: (Ma doctrine n'est pas de moi mais de celui qui m'a donn'e la vie. J. VII, 16).

(Si quelqu'un veut faire la volont'e de Dieu, il reconnaоtra si ma doctrine e[s]t de Dieu ou si je parle de mon chef. — [J. VII,] 17.

Celui qui parle de son chef dit ce que lui paraоt juste, `a lui seul; mais celui qui dit ce qui est la volont'e du P'ere de tous les hommes parle de ce que connaissent tous les hommes. J. [VII,] 18.

Mo"ise v[ou]s a donn'e une loi qu'il est impossible de suivre et v[ou]s ne [le] suivez pas et moi je v[ou]s donne une loi qui est 'ecrite dans vos consciences et v[ou]s voulez me faire mourir. J. VII, 19.)

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