ЖАНРЫ

40 лет Санкт-Петербургской типологической школе
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A partir des pr'emisses que nous avons adopt'ees il est facile de d'efinir l'objet. Quand la CBM (ou construction transitive) exprime une action prototypique, les deux actants d'esignent l'un un agent, l'autre un patient. Nous appellerons objet celui qui repr'esente le patient, et aussi tout actant trait'e de m^eme quand cette construction exprime un proc`es autre qu'une action prototypique.

(14) D'efinition: L'objetest, parmi les deux actants de la construction biactancie^ile majeure (ou construction transitive), celui qui d'esigne le patient quand cette construction exprime une action prototypique.

L'objet est une entit'e morphosyntaxique. Il est donc d'efini en termes morphosyntaxiques (c'est l'un des actants d'une certaine construction), mais `a partir d'un ancrage s'emantique qui permet de l'identifier en toute langue.

Il y a cependant des cas probl'ematiques. En voici quelques-uns:

a) Marquage diff'erentiel de l'objet, ex. (15) en persane:

(15a) ket^ab-r^a x^and-am

livre-OBJ lire-lSG

«J'ai lu le livre».

(15b) ket^ab x^and-am

«J'ai lu un/des livres».

Nous avons ici deux formes d'objet, l'une marqu'ee par un morph`eme sp'ecifique (la postposition r^a) dans (15a), l'autre non marqu'ee dans (15b). C'est la premi`ere qui r'epond `a la d'efinition, car l'objet y est d'efini, donc mieux individu'e que dans la seconde. Dans les phrases exprimant des actions prototypiques, l'objet est marqu'e par r^a. Il y a donc deux types d'objet dans cette langue (et beaucoup d'autres): l'un marqu'e, qu'on peut appeler «objet prototypique», l'autre non marqu'e.

b) Deux objets dans la m^eme proposition, ex. (16) en persan aussi:

(16a) ket^ab-r^a mot^alee kard-am'etude faire-lSG

«J'ai 'etudi'e (litt. fait 'etude) le livre».

(16b) ket^ab mot^alee kard-am

«J'ai 'etudi'e un/des livre(s)».

(16a) comprend un objet prototypique et un autre, (16b) comprend deux objets non prototypiques.

c) Dans certaines langues on trouve, avec des verbes class'es comme intransitifs, un terme nominal sans marque qui ressemble `a un objet, ex. (17b) en wargamay, langue ergative:

(17a) rjad'a wagun ganda-Hu

lsg: ERG bois br^uler-PERRTRANS

«J'ai br^ul'e le bois».

(17b) rjayba mala ganda-gi

lsg: NOM main br^uler- PERF:1NTR

«Je me suis br^ul'e la main».

Dans (17a), la construction est la CBM, avec un premier actant `a l'ergatif repr'esentant un agent, un objet prototypique `a l'absolutif et un verbe morphologiquement marqu'e comme transitif. Dans (17b), le verbe est morphologiquement intransitif, le premier actant est `a l'absolutif, et il y a en outre une sorte de quasi-objet `a l'absolutif 'egalement.

Ces faits et d'autres conduisent `a poser, `a c^ot'e de l'objet prototypique, des actants qui en sont grammaticalement voisins, quoique distincts, c'est-`a-dire `a concevoir une «zone objectale», qui comprend l'objet prototypique et aussi, au voisinage de celui-ci, d'autres sortes d'objets ou quasi-objets [Lazard 1994: 84—100; 1998a: 80–96].

7.2. La transitivit'e g'en'eralis'ee.En consid'erant l'existence d'objets non-prototypiques, ainsi que d'autres faits qui ne peuvent ^etre examin'es ici, on est amen'e `a concevoir la transitivit'e, non plus comme un propri'et'e qu'un verbe (ou une phrase) poss`ede ou ne poss`ede pas, mais comme une grandeur graduelle. Cette notion a 'et'e apercue et abondamment document'ee par Hopper et Thompson [1980], mais par une d'emarche intuitive, plus suggestive que d'emonstrative. On peut la fonder en th'eorie par une recherche men'ee selon une m'ethode plus rigoureuse [Lazard 1994: 244–260; 1998a: 232–245; 19986; r'eimpr. 2001: 299–324].

Cette conception est parfaitement compatible avec celle que nous avons d'evelopp'ee ci-dessus [40] : elle n'en est qu'un 'elargissement. Dans la perspective de la transitivit'e graduelle, les verbes (ou phrases) que nous avons d'efinis comme transitifs, c'est-`a-dire ceux qui admettent la CBM, deviennent les plus transitifs, et, parmi les verbes consid'er'es comme intransitifs, certains, lorsqu'ils sont accompagn'es de deux actants, se laissent analyser comme seulement moins transitifs, ils d'esignent des proc`es `a deux participants qui s''ecartent plus ou moins de l'action prototypique.

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Et que nous appelons «th'eorie de la transitivit'e restreinte», par opposition `a la «th'eorie de la transitivit'e g'en'eralis'ee».

La transitivit'e morphosyntaxique varie d'un maximum (la CBM et les verbes qui y entrent) et un minimum (la construction uniactan-cielle). Corr'elativement, la transitivit'e s'emantique varie d'un maximum (l'action prototypique) `a un minimum (les proc`es `a un seul participant).

Les variations sont elles-m^emes variables selon les langues: au sein du tableau g'en'eral, dont les grandes lignes sont communes `a toutes les langues, chacune a son propre choix de variations morphosyntaxiques et s'emantiques, c'est-`a-dire sa propre 'echelle de transitivit'e.

Abr'eviations
R'ef'erences

Benveniste E. Probl`emes de linguistique g'en'erale. Paris, 1974.

Dum'ezil G. Etudes comparatives sur les langues caucasiennes du nord-ouest. Paris, 1932.

Dum'ezil G. Le verbe oubykh. Etudes descriptives et comparatives. Paris, 1975.

Gross M. Remarques sur la notion d'objet direct en francais II Langue francaise. 1969. № 1.

Guiraud-Weber M. Les propositions sans nominatif en russe moderne. Paris, 1984.

Haspelmath M. A Grammar of Lezgian. Berlin; N. Y., 1993.

Hopper P. J, & Thompson S. A. Transitivity in grammar and discourse I I Language. 1980. № 56.

Lazard G. L'actance. Paris, 1994.

Lazard G. Ergativity//Linguistic Typology. 1997. № 1.

Lazard G. Actancy. Berlin; N. Y., 1998a (trad, de [Lazard 1994]).

Lazard G. D'efinition des actants dans les langues europ'eennes // Feuillet J. ('ed.). Actance et valence dans les langues de l'Europe. Berlin — New York, 19986.

Lazard G. La linguistique est-elle une science? // Bulletin de la Soci'et'e de linguistique de Paris, 94/1.1999.

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