Хроники времен Екатерины II. 1729-1796 гг
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vos mains et vous n’aves 'et'e plac'e `a la t^ete d’une arm'ee nationale que pour ramener l’ordre et
escorter l’entr'ee triomphante d’un Roi citoyen qui a scu vaincre l’orgueil du throne et qui a
mieux aim'e ceder `a son peuple que de combattre pour un pouvoir que des flots de sang devoient
payer. Vous sav'es combien je craignois de voir commencer cette revolution qu’avoient amen'ee
l’imperitie de quelques Ministres, le poids des impots et l’ambition irrit'ee des Parlemens, je la
craignois parcequ’elle auroit detruit la France, si un concours presque miraculeux de
circonstances n’avoit fait evanouir tous les obstacles qui devoient vous arreter dans vos
operatons. En un mot je voyois que nous abandonnions une constitution Monarchique temper'ee
par l’opinion publique et qui nous avoit couvert de gloire depuis Louis XIV pour former une
autre constitution qui paroissoit exiger des siecles de combats, de disputes et de faiblesse. Les
ordres jaloux l’un de l’autre, les provinces divis'ees par leurs Privileges, les deput'es gen'es par des
pouvours limitatifs, l’interet des Militaires, l’ambition des Ministres, l’autorit'e de la Cour, tout
paroissoit annoncer des orages sans fin, des malheurs sans terme, une destruction sans ressource.
Heureusement les ordres contre toute attente se sont r'eunis, l’Assembl'ee a eu le courage
de proscrire les pouvoirs qui leurs servoient d’entraves, l’interet public a fait sacrifier les
privileges, le Ministere n’a pris que trop tard le parti de vigueur qui auroit pu amener une guerre
civile et le Roi eclair'e sur le voeu unanime de la Nation par l’energie de l’Assembl'ee, le delire
du peuple et l’indecision des troupes a pris lui meme l’enseigne de la libert'e et s’est glorifi'e de
titre de premier citoyen d’un people libre, benissez sa vertu, couronnez sa magnanimit'e, imitez
sa moderation, servez vous de votre credit pour faire promptement sentir l’instante necessit'e de
donner au pouvoir executif toute la force qui lui est necessaire. Les individus souffrent souvent,
quand le throne s’empare du pouvoir legislatif, j’en conviens, mais lorsque le pouvoir legislatif
empiete sur l’executif l’Etat tombe et se detruit, il est la proye de l’ambition de ses voisins ou de
ses divisions intestines. Song`es que rien n’est parfait dans le monde et que les passions menent
toujours les hommes. Ceux que cette epoque a couvert de gloire, ceux que sont enyvr'es des
hommages de leurs egaux, doivent penser qu’ils seront bientot l’objet de leur envie. Le Throne
seul peut contenir tous ces interets oppos'es sans cesse prets `a se choquer et `a se combattre.
D’ailleurs la France ne peut enchainer ses ennemis, arreter ses rivaux, servir ses amis, proteger
son comerce, conserver sa suret'e, etendre ou maintenir son influence que lorsque le chef de la
Nation pourra rapidement developper `a propos des forces menacantes, songez que les Loix
doivent etre ses seules entraves et que pour defendre l’Etat ou attaquer les ennemis, il a besoin
du credit le plus etendu et de la plus libre activit'e, faites promptement et fortement germer ces
verit'es utiles dans une Assembl'ee ou votre celebrit'e vous donne une juste influence, et que le
heros de la libert'e soit aussi le plus ferme appuy d’un pouvoir sans lequel cette libert'e ne peut se
conserver un seul instant et sans lequel la faiblesse de l’anarchie remplaceroit bientot d’une
maniere plus horrible le poids d’un joug arbitraire dont notre Roi lui meme nous veut degager.
Adieu mon cher Lafayette, vous devez juger si j’attends avec inpatience de vos nouvelles.
* * *
Маркизу де Лафайету от графа Сегюра
Петербург, 11 августа 1789 г.
Мой дорогой Лафайет. Я не стал бы Вас поздравлять с тем
поручением, которое Вам дал Париж, получи Вы его двумя днями ранее.
Однако пролившаяся французская кровь вовсе не испачкала Ваши руки. Вы
были поставлены во главе национальной армии только для того, чтобы
установить порядок и охранять триумфальный въезд в Париж короля,
гражданина, который сумел побороть гордость трона и предпочел
уступить своему народу, а не сражаться за власть, цена которой была бы
оплачена потоками крови. Вы знаете, как я боялся начала этой революции,
вызванной нерасторопностью нескольких министров, тяжестью налогов да
раздраженным властолюбием парламентов. Я боялся ее, ибо она разрушила
бы Францию, если б почти чудесное стечение обстоятельств не заставило
рассеяться все те препятствия, что должны были Вас остановить в Ваших
действиях. Одним словом, я видел, как мы отказались от монархии,
ограниченной общественным мнением и прославившей нас со времен
Людовика XIV, чтобы выработать другую форму правления, которая,
казалось, покончит с веками борьбы, споров и слабости. Завидующие друг
другу сословия, провинции, находящиеся в разногласиях по поводу своих
привилегий, депутаты, стесненные ограничительными полномочиями,
корыстные интересы военных, властолюбие министров, авторитет двора –
все, казалось, предвещало взрыв гнева, которому не будет конца, горе,
которому не будет предела, разрушения, которым не будет остановки.