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ЖАНРЫ

L'assassin de lady Beltham (Убийца леди Бельтам)
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— J’ai fait pr'evenir cette derni`ere, interrompit le commissaire de police, et j’attends d’un moment `a l’autre un des chefs du personnel. Leurs bureaux, rue Pierre-Harel, sont voisins.

Le commissaire ajouta :

— Ce qui m’'etonne, c’est le petit nombre de plaintes que nous avons recues. D’ordinaire, le public est toujours empress'e `a r'eclamer des dommages et int'er^ets. Or, c’est `a peine si trois ou quatre personnes accident'ees dans l’autobus ont laiss'e leur nom et leur adresse.

— C’est vrai, et cependant, si j’en crois les renseignements recueillis, cette voiture 'etait au complet lorsqu’elle est venue se jeter dans notre devanture.

Le directeur se retourna : un de ses employ'es venait interrompre la conversation qu’il avait avec le commissaire de police.

M. Calard le regarda stup'efait. Ce subordonn'e avait une physionomie boulevers'ee.

— Que se passe-t-il, monsieur Henriot ? demanda le directeur. Vous avez l’air souffrant, avez-vous 'et'e bless'e tout `a l’heure ?

L’interpell'e r'etorqua :

— Non, monsieur. C’est bien plus grave ! Figurez-vous, monsieur, que…

Et l’employ'e battait l’air de ses bras, suffoquait, semblait pr^et de s’'evanouir. M. Calard et le commissaire de police se pr'ecipit`erent, l’encourag`erent :

— Remettez-vous, mon ami !

Enfin, M. Henriot d'eclara :

— Nous sommes vol'es, monsieur le directeur, abominablement vol'es !

D’un air impatient'e, M. Calard l’interrompait :

— Je sais, fit-il, 'evidemment, il y a quelques louis de perdus dans la bagarre. On les retrouvera peut-^etre, ils ont d^u rouler sous les d'ecombres, cela n’a rien d’'etonnant, le local de la caisse ayant 'et'e d'emoli…

— C’est bien pis, monsieur le directeur ! L’employ'e de la Caisse avait `a peine vingt-cinq mille francs et cela n’aurait pas grande importance, surtout si les choses s’'etaient pass'ees comme vous croyez, mais il y a pis… Le gros coffre-fort, vous savez le gros coffre-fort qui se trouvait `a l’entr'ee de votre bureau, derri`ere la caisse…

— Eh bien ?

— Eh bien, il a 'et'e 'eventr'e, d'emoli, et vid'e !

— Mon Dieu ! s’'ecria le directeur de la Banque, il y avait dedans pr`es de huit cent mille francs de titres et de billets de banque !

— Huit cent trente-sept mille francs exactement.

— Mon Dieu, mais alors ? L’aventure de cet autobus n’est pas un accident ? Ou du moins, c’est un accident volontaire ?

Le commissaire, lui aussi, 'etait devenu tout p^ale, il serra les poings, fronca les sourcils :

— D’apr`es ce que j’apprends, monsieur, fit-il, un semblable accident volontaire ne peut ^etre qualifi'e que de crime par la loi.

2 – BANDITS ET POLICIERS

Rue de Clichy, c’'etait la d'ebandade. Les gens s’enfuyaient, affol'es, un homme courait la main ensanglant'ee. Un agent s’approcha de lui, lui signala le sang qui coulait le long de sa manche, et d'eclara :

— Vous ^etes bless'e, monsieur, allez vous faire panser dans la pharmacie. Il y a d'ej`a du monde.

Et le sergent de ville, du geste, d'esignait `a son interlocuteur une boutique situ'ee `a peu pr`es en face du Comptoir National et devant laquelle stationnait une foule aussi compacte que celle qui contemplait, de l’autre c^ot'e de la rue, le d'esastre caus'e par l’irruption de l’autobus dans la devanture de l’'etablissement de Cr'edit. Cependant, l’individu qui avait 'et'e interpell'e par l’agent de police, apr`es avoir fait mine de se diriger vers la pharmacie, tournait brusquement les talons et remontait du c^ot'e de la place Clichy :

— Plus souvent, grommela-t-il, que j’irai me confier `a ce potard `a la manque. On voit qu’il ne me conna^it pas, sans quoi ce flic ne me proposerait pas une combine de ce genre !

Comme il le disait, en effet, dans son langage pittoresque, l’individu qui monologuait ainsi ne devait pas ^etre connu du sergent de ville, et si celui-ci avait su `a quel personnage il venait de s’adresser, il n’aurait certes pas manqu'e de lui mettre la main au collet et de le conduire imm'ediatement au poste.

L’agent, en effet, avait interpell'e l’un des apaches les plus redoutables qui f^ut `a Paris. On le d'esignait dans la p`egre sous le nom de « B'eb'e », sobriquet qu’il avait d^u, jadis, `a sa jeunesse, mais qui surprenait `a pr'esent. Comment B'eb'e se trouvait-il l`a et par suite de quel hasard avait-il recu une blessure dans la bagarre qui avait succ'ed'e `a l’entr'ee de l’autobus 412 dans les bureaux du Comptoir National ?

Quiconque aurait connu en d'etail la client`ele qui pr'ecis'ement ce jour-l`a occupait l’autobus, n’aurait pas h'esit'e `a faire un rapprochement, d’ailleurs tr`es significatif, entre la pr'esence dans le v'ehicule de personnages aussi mal cot'es que Bec-de-Gaz, OEil-de-Boeuf, Beaum^ome, et la pr'esence de B'eb'e place Clichy au moment de l’accident. Il y avait 'evidemment l`a un guet-apens ourdi par les apaches. Toutefois, ceux-ci n’'etaient que le bras agissant. Quel devait donc ^etre le ma^itre qui les dirigeait ?

Au moment o`u B'eb'e remontait vers la place Clichy, enveloppant dans un mouchoir son poignet teint'e de rouge, un homme qui s’enfuyait l’aborda et, d’une voix haletante, lui murmura `a l’oreille :

— Faudrait voir `a te d'ebiner rapidement et surtout `a te nettoyer !

B'eb'e regarda son interlocuteur, celui-ci n’'etait autre que le m'ecanicien qui, quelques instants auparavant, avait conduit l’autobus 412, volontairement ou non, devant la devanture de l’'etablissement de cr'edit.

Celui-ci cependant poursuivait :

— Tu es tout `a fait d'ego^utant B'eb'e, tes v^etements sont couverts de salet'es et tes cheveux remplis de cambouis !

L’apache, en apercevant le m'ecanicien qui lui parlait sur un ton de commandement, avait pris une attitude respectueuse pour lui r'epondre :

— Cela va bien, je m’en vais aller me nettoyer.

Le m'ecanicien s’'eloigna. Il revint au bout d’une seconde et recommanda :

— Je ne veux pas que tu puisses jaspiner de toute la soir'ee, et pour t’emp^echer de le faire, je t’ordonne d’aller prendre un bain dans le premier 'etablissement que tu rencontreras.

— Entendu, fit B'eb'e, mais quand j’aurai fini, patron, qu’est-ce qu’il faudra faire ?

Les deux hommes avaient continu'e `a marcher, s’'eloignant rapidement de la place Clichy ; ils suivaient maintenant le boulevard des Batignolles, et, tout en causant, ils regardaient derri`ere eux pour s’assurer qu’ils n’'etaient point suivis.

Le myst'erieux m'ecanicien de l’autobus reprit :

— Quand tu seras sorti de ton bain, tu iras en prendre un autre, et quand le second sera fini, eh bien, mon cher B'eb'e, il faudra aller en prendre un troisi`eme et ainsi de suite, jusqu’`a la fermeture des boutiques, apr`es quoi tu iras te coucher tout seul !

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