ЖАНРЫ

La fille de Fant?mas (Дочь Фантомаса)
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Mais Fandor n’avait pas pr'evu la duplicit'e de certains d'ements.

Alors qu’il se battait avec le vieillard, son voisin de gauche, l’homme `a mine de chasseur, n’avait pas perdu son temps. La main avide du cavalier avait fouill'e dans son assiette, elle y retournait encore : l’assiette 'etait vide.

— Dites donc… vous, grommela-t-il, laissez mon d'ejeuner tranquille.

Mais l’autre eut un rire muet, tranquille, et, sans plus prendre la peine de se dissimuler, il prit dans l’assiette de Fandor un os qu’il avait oubli'e.

Doucement, mais 'energiquement, Fandor prit de sa main gauche le poignet de son voisin, et l’'ecartant de son 'ecuelle, de sa main droite, il commenca `a manger.

— Seigneur, pensait le journaliste, ca n’est pas rago^utant de d'ejeuner de cette facon, mais je n’ai pas le choix. Et j’aime encore mieux cela que de mourir de faim.

Malheureusement, Fandor avait `a peine aval'e quelques bouch'ees – il immobilisait toujours son brave voisin – que Georges, un autre infirmier, intervenait de nouveau :

— Allons, allons, veux-tu l^acher ton voisin ? hurlait-il…

— Mais il fouille dans mon assiette, protesta Fandor…

En une langue 'etrang`ere, une sorte de patois, le cavalier protesta violemment. Fandor, `a quelques mots d’anglais, comprenait `a peu pr`es que le d'ement l’accusait d’avoir vol'e le contenu de son assiette.

— Mais, protesta Fandor, ca n’est pas vrai. Je vous dis que c’est lui.

Le journaliste n’eut pas le temps d’achever. Une sonnerie 'electrique, insupportablement longue, retentit dans le r'efectoire, les infirmiers se pr'ecipit`erent.

— Allez ! debout ! au jardin !… Voulez-vous vous lever, sacr'e nom d’un chien ? au jardin !…

Il fallait ob'eir bon gr'e mal gr'e.

L’heure du d'ejeuner 'etait pass'ee. C’'etait `a peine si le malheureux Fandor avait eu la possibilit'e de sucer un os.

***

— Georges ?

— Monsieur le Directeur ?

— O`u est le malade hospitalis'e hier `a la suite de l’incendie des Docks ?

— Je vais vous l’amener, monsieur le Directeur…

Fandor r^evait, assis par terre, `a l’un des bouts du jardin…

— Toi, l`a-bas ? Allons, debout. Le directeur te demande.

— Bon, songeait le journaliste, je vais raconter tr`es simplement mon cas. Le directeur est, `a coup s^ur, un homme instruit. Il doit ^etre au courant des invraisemblables forfaits de Fant^omas, peut-^etre m^eme conna^it-il mon nom et quand je lui aurai dit que je suis J'er^ome Fandor…

Fandor, d'ej`a, pouss'e par l’infirmier, arrivait devant le personnage qui devait d'ecider de son sort.

Le directeur du « Lunatic Hospital » – G'erard Herbone, docteur de la Facult'e Royale d’Angleterre – 'etait un petit vieillard d’une soixantaine d’ann'ees, `a l’aspect tranquille, aux gestes vifs, `a l’oeil percant.

Il 'etait sympathique `a Fandor et le journaliste fr'emit d’aise, en s’entendant interpeller, d’un ton fort aimable, presque familier :

— Eh bien, mon ami, lui demanda le directeur, vous voici donc devenu mon pensionnaire ? Comment cela va-t-il ?

Fandor sourit et, d'ecid'e `a r'ev'eler son identit'e, s’informa :

— J’ai le plaisir de parler `a monsieur le directeur ?

— Mais oui, mais oui, au directeur m'edecin-chef qui vous demande comment vous allez.

— Tr`es bien, docteur.

— Vous avez dormi ?

— Parfaitement…

— Vous n’avez plus eu l’intention de faire le m'echant ?

— Non, docteur, je n’ai plus, vous le dites, l’intention de faire le m'echant. Mais au moment o`u vous m’avez fait appeler, je songeais pr'ecis'ement `a demander `a vous parler…

— Vraiment. Et pourquoi donc ?

— Pour m’informer, docteur, du sort qui m’est r'eserv'e ?

— Ah ! ah !… ca vous int'eresse donc ?

Cette fois Fandor ne put s’emp^echer de rire. Le docteur affectait de lui parler d’un ton bonhomme, en badinant, comme l’on parle `a un enfant… Mais, ce m'edecin 'etait persuad'e qu’il 'etait fou et il ne devait pas s’inqui'eter outre mesure de son attitude.

— Ma foi, r'epondit Fandor, vous avouerez qu’il est au moins naturel que je me pr'eoccupe de ce que je vais devenir ?

— Mais non ! mais non ! ce n’est pas naturel. Vous n’^etes pas bien ici ?

— Si, mais…

— Eh bien, alors ?

— Il n’emp^eche.

Le m'edecin le fixa soudain de ses yeux percants…

— C’est, d'eclarait-il brusquement, que vous ne m’avez pas l’air fou du tout, mon ami ?

Un autre que Fandor, `a coup s^ur, se serait laiss'e prendre `a cette phrase dite `a l’improviste. Mais Fandor, lui, se m'efiait du pi`ege.

— Docteur, d'eclara-t-il, si je vous r'epondais que je ne suis pas fou, vous en concluriez imm'ediatement que je suis incurable. Je n’ignore pas que l’un des signes les plus s^urs de la folie est de pr'etendre que l’on est parfaitement sain d’esprit…

— Et alors ?

— Alors, je r'eclame le privil`ege de ne pas vous r'epondre.

Le m'edecin qui s’'etait content'e de causer dans le jardin `a Fandor, le saisit soudain par le bras.

— Pas mal votre r'eponse. Vous m’intriguez mon ami. Voulez-vous venir dans une salle. Nous y serons plus tranquilles pour causer.

— Je ne demande que cela, docteur.

— C’est bien, venez.

Fandor suivit le directeur dans une sorte de petit parloir clair dont la porte-fen^etre ouvrait sur la cour o`u s’agitaient les fous.

— J’ai de la veine, songeait Fandor, j’esp`ere r'eussir `a le convaincre.

4 – EST-IL FOU ?

Fandor, la mine souriante, examina le petit local clair o`u, sans doute, allait se d'ecider son sort.

Peu de meubles dans ce parloir. Quelques chaises, un banc, et, comme dans toutes les pi`eces de l’asile, jet'ee dans un coin, une camisole de force.

Le directeur, qui pr'ec'edait le journaliste, s’assit `a califourchon sur l’une des chaises et, se tournant vers le jeune homme :

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