ЖАНРЫ

Le magistrat cambrioleur (Служащий-грабитель)
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— C’est tr`es bien, tu n’as pas mal agi, approuva l’Insaisissable. Il va de soi que j’obtiendrai de Ribonard qu’il rende les bijoux. Je te ferai savoir d’ici quelques jours o`u, toi-m^eme, tu devras venir me consigner l’argent vol'e au marquis et que Rosa d'etient actuellement. Nous verrons `a partager le tout. Bon passons maintenant `a un autre ordre d’id'ees. Pourquoi, B'eb'e, as-tu tu'e Chamb'erieux ?

— Pourquoi j’ai tu'e Chamb'erieux ? D’abord Fant^omas, comment sais-tu que c’est moi qui ai fait le coup ?

— C’'etait bien malin `a deviner. L’assassin 'etait certainement, n’est-il pas vrai, parmi les voyageurs d’une automobile qui a pass'e la nuit du crime sur la route de Bess'e `a Saint-Calais, donc…

— Pourquoi dis-tu que l’assassin 'etait certainement parmi ces voyageurs ? interrogeait-il. Nous n’avons pas laiss'e de traces ?

— Imb'ecile, vous avez perdu une chambre `a air.

— C’est vrai.

— Naturellement. Je ne parle pas au hasard. Eh bien, sur cette chambre `a air, B'eb'e, j’ai relev'e la trace d’un poignard, dont la lame a 'et'e retrouv'ee, cass'ee `a demi, dans le corps m^eme de Chamb'erieux…

Et Fant^omas poursuivit ironique :

— Comme il 'etait difficile, n’est-ce pas, de deviner que les assassins venus en automobile avaient eu l’occasion de manipuler cette chambre `a air, de la glisser sous un coussin, de l’appuyer, par exemple, contre le poignard, dissimul'e au m^eme endroit. Il 'etait bien difficile, apr`es, sachant que l’assassin 'etait venu en automobile, de retrouver au Mans le garage o`u cette automobile avait 'et'e lou'ee et, ayant trouv'e tout cela, de songer `a visiter la toiture du garage o`u B'eb'e et Ribonard se cachaient, justement dans l’intention de revenir fouiller l’automobile et d’y reprendre le poignard 'egar'e ?

— Fant^omas, tu instruis les affaires, tu conduis les enqu^etes comme un vrai juge d’instruction.

Mais B'eb'e ne vit pas le sourire du Ma^itre de l’'Epouvante.

Fant^omas, d’ailleurs, feignit de ne pas entendre le compliment.

— Tout cela ne me dit pas pourquoi tu as tu'e Chamb'erieux. Allons, parle.

B'eb'e confessa.

— Dame, patron, j’ai zigouill'e le pante parce que ce n’'etait pas de la poudre d’imb'ecile. Figurez-vous que j’ai appris qu’il chauffait ma ma^itresse, Rosa, une gosse, vous savez, patron, ca n’a pas d’exp'erience. Bref, voil`a-t-y pas que ma m^ome lui avait 'ecrit. Le Chamb'erieux avait des lettres de Rosa. Si je l’ai tu'e, c’est tout bonnement pour les lui reprendre.

— Et tu les as reprises ?

— Non, j’ai pas eu le temps. Au moment o`u je fouillais le bonhomme pour lui chauffer les papiers compromettants, il y a des types qu’ont rappliqu'e dans la for^et, et j’ai tout juste pu cavaler sans ennuis.

— Alors ? ces lettres doivent ^etre au greffe du tribunal maintenant, entre les mains du juge d’instruction ?

— Oui, c’est le « curieux » de Saint-Calais qui poss`ede les papelards. Oh, mais, sois tranquille, Fant^omas, foi de B'eb'e, ce juge d’instruction ne les a pas pour longtemps. Je suis bien d'ecid'e `a lui faire son affaire. Le juge d’instruction de Saint-Calais. Ah, nom de nom, il n’y coupera pas, vrai de vrai. Je le condamne `a mort, sais-tu bien, Fant^omas.

— Je te d'efends de toucher `a un seul des cheveux de M. Pradier. Il faut que ce juge d’instruction vive, B'eb'e.

B'eb'e, surpris, allait demander pourquoi. Il n’en eut pas le temps.

Alors que B'eb'e levait les yeux, en effet, il poussa une exclamation d’'etonnement, de stup'efaction, d’angoisse.

Une seconde avant, il 'etait `a c^ot'e de Fant^omas, et maintenant il 'etait tout seul.

Fant^omas avait disparu. Fant^omas s’'etait 'evanoui. S’enfuyant dans la nuit. Fant^omas n’'etait plus l`a.

— Ah, mince alors, finit par monologuer B'eb'e, tout juste rassur'e. Pas plus de bonsoir que de bonjour. Il en a des facons le fr`ere, pour s’amener dans la soci'et'e et pour mettre les bouts de bois.

Quelques secondes plus tard. B'eb'e reconnaissait pourtant, avec une franchise qui n’'etait pas feinte :

— Tout de m^eme, quel type, quel costaud, que Fant^omas. Le voil`a revenu. S^ur qu’on n’a pas fini de rigoler.

Mais quand B'eb'e parlait de « rigoler »…

21 – LE FR`ERE D’ABEL

Antoinette de Tergall, la gracieuse ma^itresse de maison, se multipliait aupr`es de ses amis. On venait de servir le caf'e au salon, transform'e en fumoir par la bienveillante indulgence de la ch^atelaine, et maintenant elle s’informait aupr`es de ses diff'erents convives de leurs pr'ef'erences personnelles.

— Monsieur Livet, questionnait-elle avec un sourire engageant, s’adressant `a un gros petit homme qui sous un aspect farouche, un air perp'etuellement batailleur, cachait l’^ame tranquille et douce d’un paisible rentier n’ayant jamais quitt'e Saint-Calais, vous prendrez bien un petit verre de cognac ?

Le gros petit homme `a l’air terrible haussait la main, r'epondait d’une voix fluette :

— Merci, madame, mille merci, mais je suis au r'egime. Je ne dois boire que du lait.

— Voyons, par ce froid.

— Non, madame, merci. Je ne dois commettre aucun exc`es. Pas de liqueurs. Cela m’est bien recommand'e par notre excellent docteur que vous voyez en train de bavarder avec notre cher cur'e.

— Et vous, mon cher baron, curacao ? kirsch ? autre chose ?

— Ma ch`ere marquise, vous connaissez mes go^uts, je n’aime que les liqueurs fortes, rudes. J’aime tout ce qui est vigoureux, aussi bien en litt'erature qu’en liqueurs. Donnez-moi de votre vieille fine.

Antoinette de Tergall versa dans un verre finement ouvrag'e, un verre de cristal fragile et d'elicat, une large rasade de liqueur br^ulante.

La marquise dissimulait mal un sourire. 'Evidemment, elle trouvait amusant que le maigre personnage qu’elle venait d’appeler « baron » e^ut une telle pr'edilection pour tout ce qui 'etait, suivant son opinion, rude, violent.

Antoinette de Tergall continuait cependant `a proposer les ressources de sa cave `a liqueurs `a tous ceux qu’elle avait invit'es au d'ejeuner de chasse d’inauguration des nouveaux terrains r'eserv'es attenants au ch^ateau des Loges.

— Docteur, dit-elle, en frappant famili`erement sur le bras d’un personnage jovial, bourru mais sympathique qui causait au coin de la chemin'ee avec un pr^etre `a figure grave et douce, docteur, vous qui mettez tout le monde au r'egime, vous qui condamnez tous vos clients au lait, vous prendrez bien un verre de fine champagne ?

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