ЖАНРЫ

Франция с 1789 года до наших дней. Сборник документов (составитель Паскаль Коши). La France contemporaine, de 1789 a nos jours. Recueil de documents (par Pascal Cauchy)
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– Les temps sont chang'es. On peut vous appeler « Barbaroux », maintenant que la Convention rappelle les proscrits… J’y songe: Desmahis, gravez-moi donc un portrait de Charlotte Corday.

Une femme grande et belle, brune, envelopp'ee de fourrures, entra dans le magasin et fit au citoyen Blaise un petit salut intime et discret. C’'etait Julie Gamelin; mais elle ne portait plus ce nom d'eshonor'e: elle se faisait appeler « la citoyenne veuve Chassagne » et 'etait habill'ee, sous son manteau, d’une tunique rouge, en l’honneur des chemises rouges de la Terreur. »

Комментарии

Anatole France – Анатоль Франс (1844–1924), настоящее имя Франсуа Анатоль Тибо (Francois-Anatole Thibault). Известный французский писатель и литературный критик III Республики. Занимал активную гражданскую позицию, считался нравственным и литературным авторитетом своего времени. Член Французской академии (1896). В 1921 г. получил Нобелевскую премию по литературе «за блестящие литературные достижения, отмеченные изысканностью стиля, глубоко выстраданным гуманизмом и истинно галльским темпераментом».

«Les Dieux ont soif» – «Боги жаждут» (1912), роман Анатоля Франса, действие которого происходит во время Французской революции (1789–1794). А. Франс точно воссоздает политическую обстановку и повседневную жизнь эпохи, основываясь на многочисленнных документах того времени, которые он хорошо изучил. Названием романа стала последняя фраза последнего номера газеты однокашника Робеспьера Камиля Демулена, где она выдаётся за слова, сказанные испанскими священниками Монтесуме.

Convention f – Конвент, высший законодательный и исполнительный орган Франции (21 сентября 1792 – 26 октября 1795) Первой Республики во время Французской революции. В выборах членов Конвента, сменившего Законодательное собрание, участвовали все мужчины (исключая домашнюю прислугу), достигшие 21 года.

Comit'e m de salut public – Комитет общественного спасения, один из многочисленных комитетов Конвента. Создан 6 апреля 1793 г. с целью противостоять опасности, угрожающей Республике. Имел огромные прерогативы, сосредоточил в своих руках значительную часть верховной власти.

Jacobins m pl – якобинцы, члены общества Друзей Конституции (Soci'et'e f des Amis de la Constitution), или Якобинского клуба (Club des jacobins), названного так, поскольку его члены собирались в Париже в библиотеке монастыря святого Якова на улице Сент-Оноре. Изначально находился в Версале. В него входили многие известные депутаты, влиятельные политики, члены правительственных учреждений. Клуб имел широкую сеть филиалов в провинции.

Niv^ose m – нивоз, с 21/23 декабря по 19/21 января. Четвертый месяц французского республиканского календаря, введенного во время Французской революции декретом Конвента (5 октября 1793 г.), применялся с 6 октября 1793 г. (15 вандемьера II года Республики). Первый год революции был объявлен началом новой эры. Отсчет лет начинался с 22 сентября 1792 г., первого дня Первой республики во Франции. Календарь действовал до 1 января 1806 г., когда был упразднен Наполеоном. Название месяца нивоз должно было напоминать о «снеге, который убеляет землю с декабря по январь».

Beaumarchais – Пьер-Огюстен Карон де Бомарше (1732–1799), французский драматург и публицист, автор таких известных комедий, как «Женитьба Фигаро» и «Севильский цирюльник», благодаря которым был одним из самых популярных драматургов Франции того времени

Barbaroux – Шарль Жан Мари Барбару (1767–1794), депутат Конвента от департамента Буш-дю-Рон, один из лидеров жирондистов. Казнён в Бордо.

Charlotte Corday – Мари Анна Шарлотта Корде (1768–1793), убийца Ж.-П. Марата. Казнена по приговору Революционного трибунала.

Chemises f rouges de la Terreur – по уголовному кодексу 1791 г. в красных рубахах препровождали на казнь убийц, поджигателей и отравителей. В июне 1794 г. по т.н. «делу красных рубах» было казнено 54 человека, якобы готовивших покушение на Робеспьера и Колло д’Эрбуа.

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Le coup d’Etat du 18 Brumaire

Apr`es quatre ann'ees de Directoire, la crise 'economique s’est consid'erablement aggrav'ee, crise `a laquelle s’ajoutent un d'esordre int'erieur consid'erable et une forte impopularit'e du pouvoir. Le g'en'eral Bonaparte qui a donn'e des gages `a l’int'erieur en r'eprimant une insurrection royaliste, comme aux arm'ees en Italie et en Egypte, est choisi pour mener un coup d’Etat. L’objectif est de renforcer le pouvoir ex'ecutif et de ramener l’ordre. L’historien Jacques Bainville, dans sa biographie de Napol'eon, rappelle cet 'episode crucial de la R'evolution.

Jacques Bainville, Napol'eon, 1931

« Au fond, il a bien jug'e de l’'etat de la France. Ce qui est `a prendre, c’est le « tiers parti », celui qui avait d'ej`a soutenu Henri IV apr`es la Ligue et Louis XIV apr`es la Fronde, cette masse, – le cardinal de Retz l’a bien dit – qui, nulle au commencement et au milieu des grandes crises, p`ese le plus `a la fin. Ce qui rapproche le plus du « tiers parti », ce sont les mod'er'es, d’ailleurs impuissants par eux-m^emes, c’est pourquoi Siey`es, leur chef, a besoin d’une 'ep'ee. Mais le g'en'eral ne veut pas plus avoir l’air de s’offrir `a Siey`es que Siey`es ne veut avoir l’air de prier le g'en'eral. De part et d’autre, ce n’est pas amour-propre, coquetterie, mais politique et pr'ecaution. Chacun refuse de faire le premier pas pour rester libre vis-`a-vis de l’autre. A ce jeu, on se pique. Siey`es se plaint du jeune insolent qui devrait ^etre fusill'e pour avoir abandonn'e son arm'ee aux bords du Nil. Bonaparte riposte que Siey`es a trahi la France dans les n'egociations de Berlin.

Cependant on perd du temps, un temps pr'ecieux o`u les heures comptent. Le Conseil des Cinq-Cents, qui devine le danger, se dispose `a rapporter quelques-unes de ses lois les plus odieuses. Une apparence de d'etente et d’apaisement suffirait `a contenter le public, amollirait les esprits. Il faut agir vite, battre le fer quand il est chaud, et, sans plus de retard, mettre en contact direct celui qui a concu et pr'epar'e le coup d’Etat et celui qui est capable de l’ex'ecuter, associ'es naturels dont chacun apporte un des 'el'ements n'ecessaires au succ`es de l’op'eration.

A peine, jusque-l`a, s’'etaient-ils entrevus dans ces c'er'emonies officielles. Talleyrand fut, selon l’expression d’Albert Vandal, « l’entremetteur ». Ce n’est que le 2 brumaire (24 octobre) que, sur ses instances, Bonaparte se r'esolut `a faire `a Siey`es la visite qu’il avait lui-m^eme attendue en vain rue Chantereine. Talleyrand, et pr`es de lui Fouch'e; type d’hommes aussi indispensables au complot dans la seconde ligne de l’action que Bonaparte et Siey`es le sont dans la premi`ere. Car on a beau dire – apr`es coup – que tout cela devait se faire, il y fallait beaucoup de concours. Encore le 18 brumaire faillit-il ne pas r'eussir. On s’est 'etonn'e que, plus tard, Napol'eon ait gard'e pr`es de lui l’ancien oratorien et l’ancien 'ev^eque. On les a appel'es ses mauvais g'enies. Il aurait fallu d’abord qu’au moment d'ecisif et le plus difficile, il e^ut pu se passer d’eux et de bien d’autres. Mais rien n’e^ut 'et'e possible sans Siey`es, Fouch'e et Talleyrand, – « ce brelan de pr^etres,» – qui lui apportaient, avec leur habilet'e et leur intelligence, la caution d’hommes aussi int'eress'es les uns que les autres `a emp^echer une contre-r'evolution. Voil`a un coup d’Etat qui se pr'esente dans les conditions les plus favorables. Il est organis'e de l’int'erieur par Siey`es et Ducos, deux des chefs du pouvoir qu’il s’agit de renverser. Des deux assembl'ees, l’une, le Conseil des Anciens, est complice, l’autre, le Conseil des Cinq-Cents, est manipul'ee par Lucien Bonaparte qui, tout jeune d'eput'e qu’il est, s’est remu'e pour ^etre 'elu pr'esident. Enfin l’opinion publique est sympathique. M^eme au faubourg Saint-Antoine, il n’y a pas de soul`evement `a craindre. Et pourtant il s’en faudra de rien que ce coup d’Etat ne soit un 'echec.

Ce sera un peu la faute de Bonaparte. La partie gagn'ee, c’est pourtant lui qui aura le mieux calcul'e. Il s’est obstin'e jusqu’au bout `a donner `a l’op'eration un caract`ere civil et aussi peu militaire que possible, `a ne pas employer la violence, `a recourir `a la force tout juste quand il n’a pu faire autrement. Il a refus'e, la veille de Saint-Cloud, d’'ecouter Siey`es et Fouch'e, qui 'etaient d’avis, pour mettre toutes les chances de son c^ot'e, de proc'eder `a des arrestations pr'eventives parmi les d'eput'es connus d’avance comme des adversaires ardents. A ce refus, peut-^etre imprudent, il gagnera de rendre son r'egime accessible aux plus purs r'evolutionnaires et de ne pas s’entendre reprocher un crime du 18 brumaire, comme son neveu le crime du 2 d'ecembre. Il a jou'e la difficult'e mais, au fond, il a eu raison parce qu’au-del`a de la « journ'ee », qui s’ajoute `a la longue s'erie des « journ'ees » r'evolutionnaires, il a obtenu un des r'esultats auxquels il pensait. Il ne sera pas dans la d'ependance des casernes comme s’il avait d^u son 'el'evation qu’`a l’arm'ee.

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