ЖАНРЫ

Le magistrat cambrioleur (Служащий-грабитель)
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Fandor, enthousiasm'e, fit le geste d’applaudir.

— Eh oui, parbleu, je devine la suite. `A ce moment, n’est-ce pas, on rel^ache le faux Fant^omas et, `a ce moment encore, comme par hasard, on apprend que le vrai Fant^omas a 'et'e arr^et'e en France. Le vrai Fant^omas, d`es lors arr^et'e par des agents francais, est consid'er'e comme n’ayant jamais 'et'e prisonnier belge, jamais 'et'e extrad'e, et par cons'equent on l’envoie sur l’'echafaud. C’est tragique au possible, et farce comme tout, en m^eme temps. Faire 'evader Fant^omas de force. S’arranger pour le faire reprendre imm'ediatement. Trouver moyen d’organiser un proc'ed'e l'egal de rompre les effets d’une extradition, Juve, c’est tout simplement g'enial. C’est infernal aussi.

— Peuh, ce n’est pas trop mal, voil`a tout. Dans cette histoire, tu devines le r^ole de chacun des personnages, j’imagine ? Toi, Fandor, tu vas d`es demain retourner `a Saint-Calais, histoire de surveiller les agissements de la bande des T'en'ebreux qu’il ne faut tout de m^eme pas oublier. Moi, je vais partir en Belgique, pour prendre `a Louvain la place de Fant^omas. L'eon et Michel m’accompagneront et `a la sortie de prison de Fant^omas, ils pisteront le bandit qu’ils arr^eteront d`es qu’il sera en France et qu’ils am`eneront `a Saint-Calais au moment o`u j’y serai moi-m^eme conduit, en tant que Fant^omas, entre deux gendarmes, en ex'ecution de cette ordonnance d’extradition. Tout de m^eme, en a-t-il, de la chance, le petit tribunal de Saint-Calais. Si jamais on m’avait dit que ce serait dans sa modeste salle d’audience qu’auraient lieu les premiers interrogatoires du roi des criminels !

Mais brusquement, Juve s’interrompit :

— Et puis, zut, en voil`a assez, Fandor. Il est trois heures du matin, il est grand temps d’aller au lit.

11 – QUE VOULAIT LE D. 33 ?

L’un apr`es l’autre, tous les trois, le major, la sentinelle et le gardien de l’aile D, 'etaient arriv'es dans le petit vestibule aux allures de parloir mis'erable qui attenait au cabinet de M. Van den Goossen, directeur du bagne de Louvain.

Les trois hommes faisaient pi`etre figure.

La sentinelle qui, pour une fois, avait laiss'e ses armes au corps de garde et ne savait o`u mettre ses mains, soulevait perp'etuellement son k'epi pour se gratter le front.

Pr`es d’elle, les deux gardiens 'echangeaient des regards atterr'es d’abrutis.

— Quoi c’est qu’on t’a dit ? interrogea le major.

— Tout simplement que M. le directeur me demandait, qu’il voulait me parler au sujet du D. 33,

— C’est comme moi. On ne m’a pas donn'e d’autres explications.

La sentinelle s’approchait des deux hommes :

— Ah, bon Dieu de malheur, s’exclama le soldat, c’est tout de m^eme pas de veine que je n’aie pas pu le d'egringoler d’un coup de fusil.

— Oui, opinait le major, maintenant on n’aurait pas d’histoires. Tout se serait parfaitement pass'e, et m^eme tu toucherais demain matin la prime d’'evasion.

La porte du cabinet directorial s’ouvrait, M. Van den Goossen apparut en personne.

— Allons, entrez.

`A son invitation, les deux gardiens et le soldat p'en'etr`erent dans la pi`ece assez 'el'egante qu’'etait le bureau de M. Van den Goossen.

Le digne M. Van den Goossen se jeta sur un fauteuil dont les ressorts grinc`erent sous son poids. Il s’'ecria :

— Alors, maintenant les prisonniers font ce qu’ils veulent ! Ils grimpent sur les murs. Ils s’'evadent. Ils rentrent dans la prison. Ils en ressortent. Ils vont et viennent. En toute libert'e. C’est la nouvelle consigne ?

Le directeur de plus en plus en col`ere avait soulev'e sur son bureau un lourd presse-papier de bronze qu’il laissa retomber.

— C’est inimaginable ! Enfin, gardien, racontez-moi exactement comment les choses se sont pass'ees.

Le gardien rougit, p^alit, se pencha en avant pour examiner le bout de ses pieds, puis se renversa en arri`ere :

— Monsieur le directeur, commenca-t-il, moi, je n’ai fait qu’accomplir mon service. Et voici comment. Tout `a l’heure, `a neuf heures du soir, comme je faisais ma ronde, aile D, et que par les « espions » je surveillais les prisonniers, j’ai 'et'e avis'e par le D. 33 qu’il 'etait souffrant, il se plaignait de terribles crampes d’estomac.

— Eh bien, c’est excessivement simple. Il fallait pr'evenir le major et le conduire `a l’infirmerie.

— C’est bien ce que j’ai fait, monsieur de directeur.

— Et alors ?

— Alors, monsieur le directeur, une fois le major pr'evenu et l’un de mes coll`egues mis en garde `a ma place, j’ai ouvert la cellule et j’ai invit'e le D. 33 `a venir `a l’infirmerie.

— Bon. Apr`es ?

— Apr`es, monsieur le directeur, nous sommes sortis de l’aile D, et pour gagner l’infirmerie, mon prisonnier et moi, nous avons long'e le mur d’enceinte.

— C’'etait votre chemin, je le reconnais, et ensuite ?

— Ensuite ? Monsieur le directeur, voyez-vous, c’est `a ce moment-l`a que le malheur a commenc'e. Voil`a-t-y pas que, tout d’un coup, pendant que nous marchions c^ote `a c^ote le long du mur d’enceinte, je vois le D. 33 qui sursaute `a la facon d’un homme qui a une vive 'emotion. Et puis, avant que j’aie eu le temps de me reconna^itre, vlan ! je recois une bourrade `a l’'epaule. Une bourrade, sauf votre respect, qui m’envoie m’aplatir par terre.

— C’est le D. 33 qui vous la donne, cette bourrade ?

— Oui, monsieur le directeur, c’est le D. 33 qui me la donne, et je vous assure qu’il ne perd pas son temps. Je ne suis pas encore par terre, monsieur le directeur, que je le vois qui prend sa course comme un fou. Il s’'elance en avant, il s’approche du mur d’enceinte. Je ne suis pas relev'e qu’il a saisi une corde, une corde lisse qui pend l`a, et en deux temps trois mouvements, il est sur le mur, sur le sommet et il a retir'e la corde.

— Alors, qu’est-ce que vous faites ?

— Qu’est-ce que je pouvais faire, monsieur le directeur ? Il avait retir'e la corde, donc je ne pouvais pas le poursuivre. Mais, tout de m^eme, je me mets `a crier, `a hurler, `a gueuler. Ah ouitche ! je vous assure, monsieur le directeur, que ca n’avait pas l’air de l’impressionner beaucoup. Je vous ai dit qu’il 'etait mont'e en moins de dix secondes sur le haut du mur, s^ur comme je vis qu’il n’y est pas rest'e plus de cinq secondes, le temps de crier trois fois, et je ne voyais plus rien du tout. Du mur d’enceinte, il avait saut'e sur le mur de cl^oture. Moi, naturellement, monsieur le directeur, quand je ne l’ai plus vu, je me suis sauv'e comme un voleur pour aller donner l’alarme au poste. Et voil`a tout.

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