ЖАНРЫ

La gu?pe rouge (Красная оса)
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Le directeur ajouta :

— Que personne ne s’'eloigne avant notre retour.

M. Malherbe, ces mots dits, ordonna au m'ecanicien :

— Marchez vite, mon ami, `a la S^uret'e d’abord.

`A ce moment, Fant^omas respira profond'ement, puis gouailla `a part soi :

— Il m’est profond'ement indiff'erent que personne ne sorte d'esormais, et je me moque fort des pr'ecautions de Juve.

O`u donc 'etait le bandit ?

L’automobile acc'el'era sa marche, elle traversait le trottoir, tournait sur la chauss'ee, atteignant enfin sa pleine vitesse. Or, la voiture avait `a peine avanc'e d’une centaine de m`etres, elle croisait tout juste une autre automobile rang'ee le long du trottoir, arr^et'ee l`a, o`u elle stationnait d’ailleurs chaque jour depuis pr`es d’une quinzaine, que deux d'etonations retentissaient. `A ce moment deux balles de revolver percaient le toit de la voiture o`u se trouvaient Juve et le directeur de la Sant'e ; les deux hommes, par miracle, n’'etaient pas atteints, mais, leur premier 'emoi pass'e, ils bondirent aux porti`eres. H'elas ! il 'etait trop tard.

Juve et M. Malherbe avaient tout juste le temps de comprendre ce qui venait de se passer.

Du toit de leur propre automobile, de l’int'erieur de la bo^ite de pneus de rechange, un homme couch'e au milieu, roul'e en boule, 'echappant naturellement `a tous les regards, venait de bondir.

Bien que la voiture f^ut lanc'ee `a toute vitesse, il trouvait moyen, faisant preuve d’une habilet'e d’acrobate, de sauter sur le sol et de conserver son 'equilibre.

— Fant^omas, Fant^omas ! hurla Juve.

Et c’'etait bien lui, en effet, qui s’'echappait d'efinitivement, apr`es avoir r'eussi la plus extraordinaire des 'evasions. Fant^omas, en effet, avait merveilleusement dup'e Juve.

`A sa sortie hors du mur, il s’'etait parfaitement rendu compte qu’il 'etait pris, dans la remise, comme dans une v'eritable sourici`ere. S’y dissimuler 'etait impossible. Mais Fant^omas savait triompher de tous les obstacles.

En regardant autour de lui, il songea `a la pile de pneus dress'ee sur le toit de la limousine.

« Ceci peut me faire une cachette, pensait-il, une cachette d’autant meilleure que, si l’on ne m’y d'ecouvre pas, la voiture m^eme de M. Malherbe se chargera de me conduire hors de la Sant'e. » Et c’'etait tout simplement pour donner le change, pour 'eviter que Juve ne p^ut penser `a fouiller la remise que Fant^omas avait pris la pr'ecaution de d'evisser la serrure pour faire croire qu’il 'etait d'ej`a loin.

Juve s’'etait pris `a cet infernal stratag`eme. Ainsi que l’avait d'esir'e Fant^omas, il avait suppos'e que le bandit n’'etait plus dans la remise et il payait maintenant la faute qu’il avait commise en ne fouillant point le petit local o`u, cependant, il avait trouv'e des traces du bandit.

`A la porti`ere de l’automobile, Juve hurlait :

— Fant^omas, Fant^omas !

Mais que pouvaient bien ses cris ?

Le bandit, en deux bonds, avait rejoint l’automobile stationnant le long du trottoir.

La voiture appartenait assur'ement `a des complices, elle l’attendait `a n’en pas douter. `A peine Fant^omas avait-il saut'e sur la banquette que la voiture d'emarrait.

Bien avant que Juve et M. Malherbe aient eu le temps de pr'evenir leur conducteur, bien avant que leur propre automobile ait pu s’arr^eter, virer, partir pour donner la chasse, la voiture de Fant^omas avait d'emarr'e `a toute allure, brusquement tourn'e dans une petite ruelle, tourn'e encore un peu plus loin.

O`u 'etait-elle ? Qu’'etait-elle devenue ? Nul n’aurait pu le dire.

14 – ON EN PARLERA

Ce matin-l`a, une activit'e inhabituelle r'egnait dans la boutique de Sunds. C’'etait, d’ailleurs, le d'esordre le plus complet. De tous les c^ot'es, il y avait de grosses caisses de bois s’'echafaudant les unes sur les autres, `a demi 'eventr'ees et vomissant d’'enormes bottes de paille dont les brindilles s’'etalaient sur le sol et le plancher.

Un peu partout, il y avait des objets de toute nature, de toutes tailles, soit pos'es sur des chaises, soit amoncel'es sur des 'etag`eres, ou m^eme simplement pouss'es dans les coins. On avait l’impression qu’il s’agissait l`a d’une liquidation g'en'erale ou alors d’un d'em'enagement.

Le Danois d'em'enageait-il ?

Non, mais c’'etait tout comme, car il mettait sens dessus dessous son int'erieur comme s’il avait eu l’intention de le modifier de fond en comble. `A ce moment-l`a, il pouvait ^etre neuf heures du matin, Sunds 'etait tout seul dans son atelier. Quelques instants auparavant, il avait envoy'e son jeune camarade Daniel lui acheter une bo^ite de clous au bazar le plus proche. Et ce jeune homme myst'erieux et nonchalant, comme `a son ordinaire, tardait 'evidemment `a revenir au gr'e de Sunds, car celui-ci s’impatientait, grommelait entre ses dents :

— Assommant, insupportable, ce petit Daniel. Jamais l`a quand on a besoin de lui.

Sunds, d’ailleurs, sinc`erement, reconnaissait :

— Il est vrai que, pour ce que je le paie, je ne puis pas exiger grand-chose.

Sunds, en effet, ne donnait `a Daniel que son amiti'e.

De temps `a autre, il l’invitait `a d'ejeuner ou `a d^iner et lui permettait de coucher dans la soupente voisine de l’atelier. En 'echange, le jeune garcon lui faisait ses courses, l’aidait de temps `a autre dans les besognes difficiles. Mais, malgr'e l’existence intime que menaient l’artiste et son nouveau compagnon, ils 'etaient toutefois tr`es 'eloign'es l’un de l’autre, et si Sunds, parfois, avait tent'e quelques questions indiscr`etes sur l’existence ant'erieure de Daniel, celui-ci, ou ne lui avait pas r'epondu, ou l’avait rabrou'e de la belle facon, lui disant que chacun 'etait libre de vivre `a sa guise et que lui, particuli`erement, tr`es ind'ependant de sa nature, pr'etendait ne rendre de comptes `a personne.

Sunds, d’ailleurs, n’avait pas insist'e.

Ce matin-l`a, toutefois, le pacifique Danois 'etait fort 'enerv'e. `A deux ou trois reprises il jura :

— Quel animal ! Il lui en faut, un temps !

La porte s’ouvrit et Sunds poussa un soupir de soulagement :

— Ah sapristi ! ce n’est pas trop t^ot, te voil`a donc, gamin ?

Mais une voix, qui n’'etait pas celle de Daniel r'epliquait :

— Gamin ? je crois que l’on me flatte ici.

Sunds se retourna et partit d’un grand 'eclat de rire.

L’individu qui venait de p'en'etrer chez lui 'etait aussi l’un de ses familiers, mais un bonhomme qui n’avait plus rien du charme et de la gr^ace appartenant `a la jeunesse. C’'etait le p`ere Bouzille, comme on appelait dans le quartier l’ancien chemineau.

Sunds parut enchant'e de le voir.

— Tu tombes bien, dit-il, tu vas me donner un coup de main.

— Ca colle.

— `A ce propos, poursuivit Sunds, auquel la derni`ere phrase du chemineau rappelait quelque chose, `a propos de colle, j’ai deux mots `a te dire. Qu’as-tu fait, l’autre jour, de la colle de p^ate que je t’avais confi'ee pour r'eparer les papiers du mur ?

— Il n’en reste plus du tout.

— C’est pas possible, fit l’artiste, j’en avais achet'e pr`es de deux kilogrammes.

Bouzille se contentait de r'ep'eter :

— Il n’en reste plus.

Mais le peintre insistait :

— Je te dis que ca n’est pas possible, tu as juste coll'e quelques centim`etres de papier, je voudrais savoir ce qu’est devenue ma marchandise. Allons, assez plaisant'e, Bouzille, rends-la-moi !

Le chemineau, brusquement, 'eclata de rire :

— Vous la rendre, mais ce n’est pas possible. J’aime autant vous l’avouer, voil`a longtemps qu’elle est dig'er'ee.

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