ЖАНРЫ

La gu?pe rouge (Красная оса)
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Me Faramont quitta le guichet et rejoignit son fils qui l’attendait `a quelques pas de l`a.

Me Faramont semblait l'eg`erement 'emu, et, machinalement, sa main droite se portait `a la poche o`u il avait enferm'e son portefeuille.

— D'ep^echons-nous, Jacques, d'eclara Me Faramont, j’ai grand h^ate de rentrer. Vraiment je ne serai pas tranquille tant que cette somme ne sera pas enferm'ee dans mon coffre-fort. Songe qu’il s’agissait l`a d’une grosse somme, je suis vraiment heureux que cette affaire soit enfin termin'ee.

— Gr^ace `a mon oncle.

— En effet, reprit Me Faramont. Keyrolles a vraiment 'et'e charmant dans cette affaire et le poste qu’il occupe `a L’'Epargne a jou'e un grand r^ole dans le peu de difficult'es que j’ai 'eprouv'e pour toucher ces cinq cent mille francs.

Les deux hommes marchaient d’un pas rapide.

Me Faramont, toujours inquiet, esquissait de temps `a autre un geste pour s’assurer que les bienheureux billets 'etaient toujours au m^eme endroit dans son portefeuille.

Les craintes du b^atonnier devaient ^etre vaines, car le p`ere et le fils arriv`erent sans encombre `a leur domicile.

Le b^atonnier entra dans son cabinet de travail, 'etala sur son bureau les cinq cent mille francs, il les comptait, les recomptait, puis, assur'e qu’aucune erreur n’avait 'et'e commise, alla ouvrir son coffre-fort, glissa les billets dans un casier, referma enfin le lourd battant de fer, manoeuvrant les petites serrures avec une tr`es visible satisfaction.

— Allons, murmurait Me Faramont, voici une bonne affaire de faite, ce soir pour notre r'eception, j’aurai l’^ame en repos.

***

Il fallait en effet `a Me Faramont une ^ame en repos pour la r'eception du soir, car, d`es six heures, celle-ci s’annoncait exceptionnellement brillante, r'eussie en tout point.

Dans les grands salons de l’appartement o`u Mme Faramont, bien que le coeur lui en saign^at, car elle 'etait un tantinet avare, ou bonne m'enag`ere, avait allum'e toutes les lampes 'electriques, une foule nombreuse se pressait, qui s’ennuyait d’ailleurs consid'erablement, mais gardait un ton de bonne compagnie, conversait `a voix basse, r'epondait d’un sourire aux flatteries qui s’'echangeaient et d'egustait aussi avec satisfaction les verres de citronnade et d’orangeade que passaient sur des plateaux plusieurs ma^itres d’h^otel, des extras lou'es pour la soir'ee.

Or, vers dix heures et demie, au moment m^eme o`u Jacques Faramont finissait enfin par rejoindre un attach'e du minist`ere dont il esp'erait fermement obtenir les palmes, le b^atonnier vit s’avancer vers lui sa grosse cuisini`ere qui prenait un air myst'erieux.

Me Faramont vit rouge. Il n’e^ut voulu pour rien au monde que la vieille bonne par^ut dans le salon. Il 'etait d’usage qu’elle demeur^at dans la cuisine, occup'ee `a rincer les verres et qu’elle ne se montr^at pas.

D’o`u provenait ce manquement aux ordres donn'es ?

Me Faramont attira la vieille bonne dans un coin :

— Rosalie, qu’est-ce qu’il y a ?

— Monsieur m’excusera, mais j’ai pens'e que je devais pr'evenir Monsieur. Il y a un bonhomme qui demande Monsieur.

— Un bonhomme ! reprenait-il. Vous ^etes folle, Rosalie, de parler ainsi. Un bonhomme…

— C’est bien un bonhomme, dit-elle, il a un chapeau melon marron et un pardessus vert. Il m’a donn'e sa carte pour monsieur.

Elle tendit un petit carton dont Me Faramont se saisit. Le b^atonnier, toutefois, ne retrouva pas son lorgnon, il s’en consola en passant sa main sur la carte, cherchant d’un geste instinctif si celle-ci 'etait grav'ee ou imprim'ee. Il eut un froncement de sourcils, la carte n’'etait qu’imprim'ee.

— Rosalie, je n’ai pas mon lorgnon, lisez-moi cela.

La cuisini`ere 'epela :

— Durandpaul, en un seul mot, Monsieur.

— Il n’y a pas de titres ?

— Si, monsieur, si, il y a 'ecrit en dessous : « D'etective ».

— Et l`a, au crayon, qu’est-ce qu’il y a d’'ecrit ?

— « Voudrais voir monsieur le B^atonnier pour affaire tr`es urgente et tr`es importante. »

Me Faramont avait p^ali un peu. Que pouvait lui vouloir un d'etective ? Il jeta un regard anxieux sur ses salons encombr'es de monde. Mais nul ne semblait faire attention au colloque qu’il avait avec sa vieille bonne.

— Faites entrer ce monsieur dans mon cabinet, ordonna Me Faramont, je le rejoins imm'ediatement.

Le cabinet du b^atonnier avait 'et'e transform'e en vestiaire. Les meubles, les chaises, 'etaient recouverts de v^etements ceintur'es de ficelles roses auxquelles pendaient de petits num'eros de carton. La pi`ece 'etait comme ouat'ee de silence. Me Faramont en y entrant, apercut tout de suite le d'etective qui l’attendait.

— Vous me demandez. Monsieur ?

— J’ai le plaisir de parler `a Ma^itre Faramont ?

— Oui, Monsieur. Qu’y a-t-il pour votre service ?

Le visiteur au lieu de r'epondre directement `a Me Faramont traversa la pi`ece et tranquillement alla fermer la porte que le b^atonnier avait laiss'ee entreb^aill'ee derri`ere lui :

— Il faut que personne ne nous entende, dit-il.

La porte ferm'ee, le visiteur revint vers Me Faramont et, `a br^ule-pourpoint :

— Asseyez-vous donc.

— M’asseoir ? Pourquoi ? Qui ^etes-vous ? Que voulez-vous ?

L’attitude 'etrange vraiment de ce Durandpaul commencait `a impressionner d'esagr'eablement le b^atonnier. L’autre, pourtant, ne paraissait point s’en apercevoir. C’est avec un calme parfait qu’il revint se camper en face de Me Faramont :

— Asseyez-vous, r'ep'eta-t-il. Il vaut mieux que vous ne soyez pas surpris debout.

— Surpris debout ? r'ep'eta Me Faramont. Ah ca, que que voulez-vous dire ? Qui ^etes-vous ?

Durandpaul, puisque tel 'etait le nom du personnage, salua et d'eclina ses qualit'es :

— Inspecteur de police, pour vous servir, monsieur Faramont, inspecteur aux gages de la soci'et'e L’'Epargne.

Comme si un courant 'electrique l’avait galvanis'e `a l’improviste, Me Faramont se redressa.

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