ЖАНРЫ

La gu?pe rouge (Красная оса)
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— Vous ^etes bien l’Italien Mario Isolino ?

— Oui, signor.

— Bien, moi, je suis l’inspecteur de la S^uret'e Michel, et je vous mets en 'etat d’arrestation.

Michel passa les menottes `a Mario Isolino, puis il dit `a l’homme qui 'etait entr'e le premier, le revolver au poing :

— Boucle aussi la femme, et en route pour le poste.

Le premier mouvement de stupeur pass'e, Mario Isolino se ressaisit et avec beaucoup d’aplomb essaya de protester :

— Mais c’est oune infamie, cria-t-il, ou alors oune erreur judiciaire ? Vous vous trompez, messieurs, io suis innocent, absolument innocent ! Vous avez viol'e mon domicile, c’est indigne et io refuse de vous ob'eir !

Michel, brutalement, le poussa vers la sortie.

— Allons, allons, pas de rousp'etance, ordonna-t-il, ou sans cela nous allons te passer `a tabac.

Cette menace produisit son effet. Mario Isolino se tut subitement et se laissa entra^iner.

On descendit rapidement l’escalier. L’Italien fut stup'efait en voyant que la cour de l’immeuble 'etait pleine de monde et que, en outre, aux fen^etres, beaucoup de gens apparaissaient.

« M^atin, pensa-t-il non sans un certain orgueil, faut-il qu’ils aient eu peur de moi pour avoir mobilis'e toutes ces forces de police ! »

Il n’'etait pourtant pas bien terrifiant `a voir, l’infortun'e Mario Isolino. Il avait beau essayer de faire le matamore, il courbait la t^ete, surtout il baissait les yeux.

Nadia, elle, 'etait effondr'ee. Elle balbutia des paroles incompr'ehensibles, cependant que des fen^etres voisines, les femmes qui avaient assist'e `a l’arrestation l’insultaient de tout leur vocabulaire imag'e.

— Excellent d'ebarras, criait-on, que ces mangeurs de macaroni qui ne sont bons qu’`a faire de mauvais coups.

On les entra^ina jusqu’au poste de police. On fit entrer Mario dans le cabinet du commissaire. Il y 'etait depuis quelques instants gard'e `a vue par deux inspecteurs, lorsqu’un homme entra dans la pi`ece.

En l’apercevant Mario Isolino tressaillit. R'esolu toutefois `a dissimuler ses craintes, il s’'ecria de son ton le plus aimable :

— Ah par exemple, monsieur Juve ! Io suis bien content de vous voir. J’esp`ere que vous allez me tirer d’affaire ?

Juve fronca les sourcils :

— Nous verrons, dit-il, mais en attendant tu vas te mettre `a table ! Mario Isolino, il s’agit de manger le morceau et de me raconter tout ce qui s’est pass'e. Voyons d’abord, raconte-moi en d'etails ton agression manqu'ee de Ville-d’Avray.

Les paroles de Juve plong`erent Isolino dans un trouble extr^eme. Il se sentit d'ecouvert, perdu et il n’h'esita pas longtemps. Apr`es tout, puisqu’il 'etait pris, autant dire la v'erit'e. D’ailleurs il ne risquait pas grand-chose puisque en somme son attentat n’avait pas r'eussi.

Mario Isolino avoua, mais il n’oublia pas de dire `a Juve les circonstances aussi fortuites que myst'erieuses qui avaient fait qu’au moment o`u il allait d'epouiller le b^atonnier de son portefeuille, une femme avait surgi, lui jetant du poivre dans les yeux.

Juve f'elicita Mario Isolino de sa franchise, et continua sur un ton plus doux :

— Maintenant, mon petit, il faut me raconter en d'etails l’histoire du tableau de Bagatelle.

Isolino ouvrit des yeux absolument stup'efaits :

— Io ne sais pas ce que vous voulez dire, commenca-t-il.

Juve s’attendait `a cette r'eponse. Il ne s’'enerva point, mais pr'ecisa `a son interlocuteur les d'etails du vol dont il le soupconnait.

Mario Isolino, qui avait si spontan'ement avou'e l’agression de Ville-d’Avray, protesta alors avec la plus grande 'energie contre l’accusation dont il 'etait l’objet.

— Sur la Madone ! hurla-t-il. Io vous jure, monsieur Juve, que z’ignore tout de cette histoire, et que io ne sais rien du vol de ce tableau !

La conversation se prolongea pendant une heure encore. Juve n’'etait pas plus avanc'e, il avait toutefois acquis la quasi-certitude que, comme l’affirmait Mario Isolino, l’Italien n’'etait pour rien dans la disparition du Rembrandt d’Henri Faramont.

***

Fandor, qui cependant 'etait venu `a Montmartre avec Juve, ne l’avait pas suivi jusqu’au poste.

Fandor avait perdu les traces de son ami alors qu’il se m^elait `a la foule amass'ee rue Girardon, devant l’immeuble dans lequel on avait arr^et'e Mario Isolino et sa ma^itresse.

Cela avait peu d’importance. Fandor savait mieux que personne `a quel commissariat on allait les conduire.

Mais le journaliste, brusquement, avait quitt'e la foule, et obliquant sur la gauche, au lieu de descendre la rue Lepic avec les agents qui emmenaient les prisonniers, il 'etait remont'e vers Montmartre.

Fandor venait d’'eprouver une violente 'emotion et il suivait, sentant son coeur battre `a coups pr'ecipit'es dans sa poitrine, un homme et une femme, qui semblaient s’en aller pr'ecipitamment, s’enfuir, ou tout comme, en essayant de se dissimuler dans l’ombre, en rasant les murs des maisons.

— Il n’y a pas de doute, c’est elle, c’est lui ! murmura Fandor.

Il ne d'esesp'erait pas de rejoindre les fugitifs lorsque quelqu’un, soudain, se jeta pour ainsi dire sur lui.

Fandor allait 'ecarter cet importun d’un geste brutal. Mais il ne le fit point. L’individu qui s’'etait plant'e devant lui 'etait Bouzille.

— Tiens bonjour ! criait le chemineau. J’ai justement quelque chose `a vous dire.

— Quoi ? d'ep^eche-toi !

Bouzille cependant s’accrochait `a son bras. Il d'eclara myst'erieusement :

— Vous savez que j’ai revu Mlle H'el`ene ? Elle est toujours gentille votre amoureuse.

— Son adresse ? Dis-moi vite o`u elle demeure, je n’ai pas de temps `a perdre pour 'ecouter tes bavardages.

— Ah monsieur Fandor, murmura Bouzille, que vous ^etes peu aimable, ce soir !

— L’adresse d’H'el`ene ? poursuivait le journaliste en crispant ses doigts sur le bras du chemineau.

— A"ie ! hurla celui-ci. Mais vous me faites un mal de chien ! Je ne la connais pas, moi, son adresse. Je vous l’ai toujours dit, je suis un homme discret, moi. J’ose pas demander aux jolies femmes o`u c’est qu’elles demeurent.

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