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ЖАНРЫ

La main coup?e (Отрезанная рука)
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— N’avez-vous pas vu sortir quelqu’un tout `a l’heure ? interrogea le policier, auquel le m'ecanicien r'epondit :

— Il y a dix minutes. Si. Un monsieur et une dame qui sont mont'es en automobile.

— Je sais, fit Juve impatient, mais depuis ?

— Depuis ? personne.

— Vous n’avez donc pas entendu les coups de revolver ?

— Des coups de revolver, s’'ecria le m'ecanicien, ah ! par exemple, monsieur, je ne me doutais pas que c’'etaient des coups de revolver. J’ai pris cela pour des p'etards, des fus'ees, tir'es par des gens qui s’amusaient Attendez donc, si. Il n’y a pas deux minutes, il me semble bien avoir remarqu'e deux ombres qui se sont faufil'ees le long de la grille, puis qui ont gagn'e l’extr'emit'e du boulevard.

— Par o`u sont-elles pass'ees ces ombres ? Ont-elles tourn'e `a droite, `a gauche ?

Le m'ecanicien h'esita, balbutia, il ne savait pas. Mais, soudain, de nouveaux 'eclats de voix lointains, att'enu'es, puis encore des coups de revolver.

Cette fois, plus de doute. Juve avait localis'e le bruit, il fallait s’en aller par la droite.

Sur les ordres du policier, le taxi embraya, vira dans la direction indiqu'ee, s’enfonca dans la nuit.

H'elas, la rue 'etait absolument d'eserte.

Mais brusquement, comme il venait d’entendre le v'ehicule corner, Juve se frappa le front :

— Imb'ecile que je suis, hurla-t-il.

Puis, sans s’expliquer autrement, il commanda au m'ecanicien :

— Tournez, tournez le plus vite possible. Rebroussons chemin, c’est `a droite que nous sommes all'es. Il fallait tourner `a gauche.

Cependant que le chauffeur stup'efait de piloter un client aussi 'etrange ex'ecutait ses ordres, Juve grommela tout haut :

— D'ecid'ement, toutes les guignes sont attach'ees `a notre suite. Dans ces sacr'ees r'egions montagneuses il y a perp'etuellement des 'echos. Or j’ai mal calcul'e. Je ne m’en suis pas rendu compte. Les individus qui me fuient sont partis sur la gauche et c’est `a droite que je les ai entendus, `a cause de l’'echo. Pourvu qu’on puisse les rattraper.

Cependant que le taxi augmentait peu `a peu son allure, Juve se prenait `a esp'erer.

— Du moment qu’il y a des coups de revolver, c’est qu’on se bat, c’est qu’il y a des adversaires, ils ne sont donc pas tous d’accord pour s’enfuir.

— Attention, cria soudain le m'ecanicien, tenez-vous bien.

Juve ob'eit machinalement, ferma les yeux, mais bien que cramponn'e au si`ege, le policier, projet'e en avant tomba presque le nez sur le capot :

Le conducteur venait de freiner brusquement au risque de faire 'eclater ses pneus :

— Qu’y a-t-il donc ? gronda Juve.

— Il y a, fit le chauffeur, que la rue que vous venez de me faire prendre s’arr^ete l`a. Une seconde de plus, trois m`etres encore et nous allions taper en plein dans le mur.

Juve, descendu, examina les lieux `a la lueur de la lanterne :

— C’est vrai, murmurait-il, cette rue ne continue pas, nous sommes tomb'es dans un cul-de-sac.

`A droite et `a gauche s’'elevaient des murs de maisons, sans fen^etres d’ailleurs, au fond le mur naturel constitu'e par la montagne `a pic, au flanc de laquelle on avait creus'e cette route. De part et d’autre se trouvaient de petits trottoirs.

Juve passa deux ou trois fois sur une lourde plaque d’'egout qui sonnait le creux, puis il rebroussa chemin :

— Il est impossible, se dit-il, que ces individus soient pass'es par ici. Je les aurais retrouv'es assur'ement.

Il haussa les 'epaules, serra les poings :

— Rentrons, dit-il au m'ecanicien, `a la villa. Le tout n’avait pas dur'e dix minutes.

— Eh bien, fit le commissaire de police, avez-vous d'ecouvert quelque chose ou rencontr'e quelqu’un ?

— Rien, personne. Et vous, rien de neuf ?

M. Amizou racontait `a quoi il avait employ'e son temps pendant ces quelques minutes de solitude :

— J’ai cru prudent, d'eclara-t-il, de t'el'ephoner au commissariat et de convoquer d’urgence deux inspecteurs, ils vont ^etre ici d’un instant `a l’autre et peut-^etre qu’ils nous seront utiles.

— Vous avez bien fait, il sera bon de les mettre en surveillance dans le jardin, au rez-de-chauss'ee, pendant que nous proc'ederons `a nos constatations au premier 'etage. Il va falloir faire une enqu^ete assez serr'ee, monsieur le commissaire, sur le d'ec`es subit, mais encore inexpliqu'e, de cette malheureuse.

— Qu’a-t-il donc pu lui arriver ?

— Il est arriv'e, fit Juve, qu’elle est morte.

— Je vois bien, r'epliqua le commissaire, mais est-ce que c’est une mort naturelle ?

— Toutes les morts sont naturelles, et celle-l`a est une mort subite.

— Vous disiez tout `a l’heure qu’elle avait 'et'e assassin'ee ?

— C’est exact. J’ai la conviction qu’elle a 'et'e assassin'ee.

— Monsieur Juve, monsieur Juve, d'eclara le commissaire, de plus en plus 'etonn'e, vous parlez par 'enigmes. Si Isabelle de Guerray est morte naturellement, elle n’a pas 'et'e assassin'ee. Si elle est victime d’un meurtre, elle n’est pas d'ec'ed'ee de facon normale.

— C’est `a savoir, fit Juve 'enigmatiquement. Il se peut fort bien que son assassin l’ait fait mourir d’une mort naturelle et que cette mort, il l’ait cependant d'etermin'ee.

M. Amizou se laissait choir dans un fauteuil, sans s’inqui'eter d’ailleurs de la proximit'e du cadavre :

— Je ne comprends plus du tout, fit-il, je ne vois pas ce qui a pu se passer.

— Il n’est pas n'ecessaire, sourit Juve, que vous deviniez, monsieur le commissaire, puisque je suis pr'ecis'ement l`a pour cela. Je vous demande simplement de me pr^eter quelques minutes d’attention.

— Je vous 'ecoute. Juve commenca :

— Vous remarquerez, monsieur le commissaire, qu’Isabelle de Guerray est assise, et cela dans une position tr`es normale pour quelqu’un qui veut rester assis `a se reposer, mais ce n’est pas la pose de quelqu’un qui dort. Vous remarquerez en outre que les traits, les chairs ne pr'esentent aucune trace de d'ecomposition comme peut en d'eterminer, m^eme au bout de quelques secondes l’absorption d’un poison violent. Vous remarquerez, d’autre part, que ses yeux et ses l`evres sont un peu congestionn'es, la bouche est entr’ouverte, la langue 'epaisse.

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