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ЖАНРЫ

La main coup?e (Отрезанная рука)
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Conchita Conchas descendait :

— C’est curieux, fit-elle, tr`es curieux…

Le commissaire de police cherchait au mur un commutateur qu’il finit par d'ecouvrir. Quand la lumi`ere eut jailli, Conchita reprit la parole :

— Je viens de voir Isabelle. Elle est dans son cabinet de toilette `a moiti'e habill'ee. Je l’ai appel'ee deux ou trois fois. Elle n’a pas r'epondu. Elle est assise sur une chaise, profond'ement endormie.

— Il vaudrait peut-^etre mieux nous en aller… nous sommes terriblement indiscrets, dit H'eberlauf.

On entendait pr'ecis'ement une automobile. H'eberlauf ajouta :

— C’est notre voiture qui revient.

— Ma foi, sugg'era Juve, c’est peut-^etre ce que nous aurions de mieux `a faire. Partez donc devant, nous vous suivons.

le policier n’avait en effet qu’une id'ee : se d'ebarrasser des g^eneurs. Quant au commissaire de police, impatient de savoir pourquoi Isabelle de Guerray ne se r'eveillait pas et n’'eprouvant aucune pudeur `a p'en'etrer dans son cabinet de toilette, il gravissait rapidement l’escalier, tout en appelant :

— Isabelle, Isabelle… comme vous avez le sommeil profond. R'eveillez-vous donc, ce sont des amis.

Puis le commissaire se tut, on l’entendait aller et venir un instant `a l’'etage au-dessus. Puis, lentement, il redescendit.

M. Amizou n’avait plus sa physionomie souriante, il 'etait p^ale, 'emu, il se rapprocha du groupe qui causait pr`es de la v'eranda :

— Messieurs, fit-il, je crois qu’un malheur vient d’arriver. J’ai vu Isabelle de Guerray. Elle ne dort pas comme le croyait Conchita. Elle a l’air 'evanouie, peut-^etre morte.

— Isabelle, morte ? qu’est-ce que vous dites l`a, s’'ecria l’Espagnole qui bondit en direction du premier 'etage.

Juve l’arr^eta par le bras.

— Ne retournez pas l`a-haut, mademoiselle, si Isabelle de Guerray, comme le dit M. Amizou, est 'evanouie ou morte, il ne faut pas vous donner d’'emotions inutiles.

— Monsieur a raison, dit H'eberlauf, allons-nous-en.

Mais Conchita insistait :

— Je veux savoir, je ne puis pas laisser une amie comme cela, vous m’'epouvantez tous. Il faut que je sache.

Les trois hommes insist`erent aupr`es de la jolie femme :

— Non, non, disait le commissaire sur le visage duquel se peignait une 'emotion croissante, vous ne pouvez pas rester ici. Il ne le faut pas. Allez au Casino. Dans cinq minutes nous vous rejoignons. Peut-^etre qu’Isabelle n’est qu’'evanouie.

Le commissaire s’efforcait de reconduire jusqu’`a la porte le couple d'esempar'e qui ne savait que faire. Il r'eussit enfin `a d'ecider les deux amants `a monter en voiture.

Conchita, au moment o`u la voiture s’'eloignait, recommanda toutefois encore `a M. Amizou :

— Ne manquez pas de nous renseigner tout `a l’heure, dites-nous bien ce qui lui est arriv'e, nous allons au Casino.

— Ouf, fit le commissaire en rebroussant pr'ecipitamment chemin alors que l’automobile d'emarrait, nous voil`a d'ebarrass'es d’eux.

Puis il songea aussit^ot `a ce qu’il avait vu, `a la silhouette d’Isabelle de Guerray, immobile, inerte, les yeux clos, la figure bl^eme, assise au milieu de son cabinet de toilette tout inond'e de lumi`ere.

Il remonta pr'ecipitamment, de plus en plus surpris, inquiet, 'emu par le silence de cette maison vide, o`u on allait et venait sans rencontrer ^ame qui vive.

Le commissaire 'etait inquiet. Juve ne l’avait pas attendu pour gagner le premier 'etage. Lorsque M. Amizou, quelque peu essouffl'e, apr`es avoir gravi l’escalier en quelques bonds, eut atteint `a nouveau les appartements intimes de la demi-mondaine, se trouva en face de Juve, il demeura interdit, silencieux, en voyant la t^ete que faisait l’inspecteur.

Juve, qui avait pos'e son chapeau sur un petit tabouret voisin, inventoriait lentement la pi`ece, regardant autour de lui, se pr'eoccupant, semblait-il beaucoup plus de l’installation du cabinet de toilette que de la malheureuse femme qui se trouvait au milieu, assise, rigide, inanim'ee, sur une chaise.

M. Amizou regardait Isabelle.

La demi-mondaine, dans une pose fort naturelle, ne pr'esentait aucun d'esordre dans sa toilette ni dans sa tenue. Elle 'etait assise la t^ete renvers'ee en arri`ere comme quelqu’un qui sommeille. Mais, par exemple, elle ne remuait pas, aucun mouvement de son corps ne trahissait la vie, sa poitrine 'etait rigoureusement immobile.

— C’est incompr'ehensible, qu’en pensez-vous, monsieur Juve, il me semble, n’est-ce pas, qu’elle est morte ?

Juve enfin, terminait son inspection et sans jeter le moindre coup d’oeil sur Isabelle de Guerray, il r'epondit au commissaire :

— Aucun doute. La question, d'esormais, est de savoir comme elle est morte et si elle n’a pas 'et'e assassin'ee ?

— Assassin'ee ?

Mais il s’arr^eta net, Juve et lui pr^etaient l’oreille.

Le silence de la nuit, le silence impressionnant qui entourait la villa venait soudain d’^etre troubl'e.

On entendait des pas pr'ecipit'es dans le jardin, puis des 'eclats de voix, enfin un coup de revolver, un second, un troisi`eme.

— Nom de Dieu, jura Juve, cela devient fantastique.

Le policier bondissait hors du cabinet de toilette, descendait l’escalier.

M. Amizou s’appr^etait `a le suivre, Juve l’en emp^echa.

— Mais non, s’'ecria-t-il, restez donc, il faut nous s'eparer. Restez dans la maison, moi je vais aller voir au dehors ce qui se passe.

— Bien, fit M. Amizou qui s’arr^eta aussit^ot, rebroussa chemin, regagna en h^ate la pi`ece o`u gisait toujours Isabelle de Guerray. Le commissaire tira de sa poche son revolver et s’embusqua dans un angle. Apr`es tout, les incidents myst'erieux qui se produisaient n’avaient rien de rassurant.

Juve avait bondi dans le jardin.

Il ne voyait personne, il n’entendait plus rien, il se rapprocha aussit^ot de son taxi-auto.

— En route, commanda-t-il au m'ecanicien. Et il monta sur le si`ege `a c^ot'e de lui.

— O`u allons-nous ? interrogea le chauffeur.

Juve demeura un instant perplexe.

`A quelques m`etres de l`a, le boulevard 'etait coup'e par une rue qui allait `a droite et `a gauche.

Dans quelle direction fallait-il se diriger ? En face c’'etait la montagne avec ses rochers abrupts.

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