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ЖАНРЫ

La main coup?e (Отрезанная рука)
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Toute tremblante, la fille de Fant^omas prit le bras de Fandor :

— Vous ^etes perdu. Nous sommes perdus tous les deux. Il s’est apercu que nous 'etions l`a, il est `a nos trousses.

— Fant^omas nous poursuit, s’'ecria Fandor, soit, je l’attends de pied ferme.

Avec une vigueur que l’on n’aurait pas soupconn'ee de l’apparence fr^ele de la jeune fille, celle-ci avait pris le journaliste par la main et l’entra^inait malgr'e sa volont'e.

— Il ne faut pas, je ne veux pas que vous vous rencontriez avec Fant^omas, il vous abattrait comme un chien.

— Ou c’est moi, r'epliquait Fandor, qui l’'etendrais raide mort.

La jeune fille r'eprimait un cri d’angoisse.

— Je ne veux ni l’un ni l’autre. Au surplus, est-ce bien Fant^omas qui vous poursuit ? Venez, il le faut, je le veux.

Fandor et la jeune fille avaient `a peine fait quelques m`etres dans l’obscurit'e, que soudain, ils s’apercevaient que la rue dans laquelle ils s’'etaient engag'es 'etait une voie sans issue.

De trois c^ot'es, de hauts murs emp^echaient toute fuite. Il fallait ou rester l`a ou rebrousser chemin.

Ils h'esit`erent un instant, cherchant machinalement une cachette, car Fandor, troubl'e par les myst`eres dont il ne comprenait point l’importance, se rendait compte que peut-^etre la jeune fille avait raison et qu’il importait dans leur int'er^et commun de n’^etre pas d'ecouverts.

Au surplus, les bruits de voix des gens qui s’acharnaient sur leurs traces, 'eloign'es d’abord, se rapprochaient, venaient dans leur direction.

La fille de Fant^omas, soudain, avisa une 'enorme plaque de fer au ras du sol.

La jeune fille se baissa vivement, s’efforca d’en soulever un c^ot'e et, soudain, elle poussa un cri de joie, sa tentative 'etait couronn'ee de succ`es. Cette plaque de fer recouvrait une sorte de petit escalier dont les marches descendaient dans le noir. C’'etait une ouverture m'enag'ee pour permettre l’acc`es aux 'egouts, vraisemblablement creus'es depuis peu de temps dans cette partie encore neuve de la ville.

Fandor et la fille de Fant^omas s’introduisirent rapidement dans cette cachette, refermant sur eux la plaque de fer et, dans ce r'eduit obscur et froid, se touchant, ils attendaient, anxieux.

Les deux jeunes gens n’avaient eu que le temps de se dissimuler.

L’instant d’apr`es, ils entendaient rouler au-dessus de leurs t^etes l’automobile myst'erieuse dont la poursuite les menacait. Puis la voiture s’arr^eta, quelqu’un descendit. Ils entendirent vaguement une conversation.

On les cherchait. Si les poursuivants s’avisaient de soulever cette plaque de fer…

Mais au bout de quelques secondes d’'emotion, ils reprirent confiance et courage.

Ils entendirent, en effet, l’automobile tourner, le m'ecanicien passer ses changements de vitesses. Peu `a peu les ronflements du moteur s’att'enuaient.

La voiture 'etait partie, mais quelqu’un restait-il `a proximit'e pour les 'epier, pour les surprendre au bon moment ?

Pendant pr`es d’un quart d’heure, ils demeur`erent immobiles, retenant leur souffle, 'ecoutant.

Toujours aucun bruit. Fandor le premier d'ecida de sortir de la cachette.

Lentement, il souleva la plaque, passa la t^ete, regarda autour de lui.

Ne voyant rien, le journaliste s’enhardit, remonta l’escalier, offrant la main `a la fille de Fant^omas qui d’ailleurs n’h'esita pas `a la prendre.

Les deux jeunes gens 'etaient revenus `a la surface du sol.

— Pour vous, mademoiselle, dit Fandor, j’ai consenti `a me dissimuler. Mais peut-^etre ai-je perdu une belle occasion de m’emparer de Fant^omas.

— Fant^omas, qui nous prouve que c’'etait lui et pourquoi ne serait-ce pas Juve ou quelque autre policier ? dit la jeune fille.

— Juve, s’'ecria Fandor, mais j’imagine qu’il doit ^etre encore au Casino : qu’il poursuit son enqu^ete sur l’assassinat de Louis Meynan.

La fille de Fant^omas parut atterr'ee.

— Louis Meynan, s’'ecria-t-elle, est mort ?

— Il est mort, r'epliqua Fandor, c’est le dernier crime de Fant^omas. Le plus r'ecent du moins.

— Le plus r'ecent, puissiez-vous dire vrai.

— Vous savez quelque chose ?

— Peut-^etre, avoua la fille de Fant^omas.

Puis, soudain, son visage redevint dur et elle ajouta :

— Et si cet autre crime s’est produit, la responsabilit'e vous en incombera.

— Pourquoi ?

— J’allais peut-^etre emp^echer un malheur d’arriver lorsque vous vous ^etes jet'e `a mes trousses.

— Il fallait me le dire, s’'ecria Fandor, je vous aurais aid'ee.

La fille de Fant^omas eut un amer sourire :

— Vous m’auriez aid'ee, sans doute, c’est possible, mais il ne fallait pas que vous sachiez. Il ne fallait pas que vous puissiez approcher du coupable, cela, jamais, non jamais je ne vous le faciliterai.

— Ah, g'emit Fandor, c’est encore Fant^omas qui a tu'e. Toujours Fant^omas.

La jeune fille ne r'epliqua rien. Elle paraissait trop 'emue.

Apr`es un silence, elle ajouta pourtant :

— Fant^omas n’est pas le seul suspect `a vos yeux, et surtout aux yeux de vos amis.

— C’est vrai, r'epandit pensivement Fandor, je sais que certains vous soupconnent.

— Il ne s’agit pas de moi. Je compte si peu et je saurai toujours me tirer d’affaire. Mon sort n’est pas int'eressant ou du moins il ne doit pas vous int'eresser. Celui dont j’ai voulu vous parler, c’est Ivan Ivanovitch.

— Mais je puis vous certifier qu’Ivan Ivanovitch – en admettant qu’il ait 'et'e coupable, ce dont je doute – n’a pu commettre aucun crime ce soir.

— Et pourquoi cela ?

— Parce qu’il est mon prisonnier.

— Vous perdez la t^ete, Fandor, c’est impossible.

— C’est tellement vrai, d'eclara le journaliste, qu’il y a une heure `a peine, au moment pr'ecis o`u je vous rencontrais, je sortais de la tani`ere de Bouzille, `a quelque cent m`etres d’ici et que je venais d’y laisser, dans cette tani`ere, Ivan Ivanovitch ligot'e de mes propres mains et sous la garde du chemineau.

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