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ЖАНРЫ

La main coup?e (Отрезанная рука)
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— Gr^ace, pleura Mario Isolino.

L’homme le releva d’un coup de pied :

— Je t’'epargnerai, peut-^etre, si tu ob'eis.

— Ze zouis `a vos ordres.

— Lorsqu’on ob'eit aux ordres de Fant^omas on s’en trouve toujours bien.

Mario Isolino crut s’'evanouir. Comment, c’'etait Fant^omas.

Cependant que Mario Isolino, de plus en plus terroris'e, consid'erait avec respect celui que la rumeur publique avait baptis'e le G'enie du Crime, Fant^omas ordonnait :

— Tu vas partir, Mario Isolino, tu vas descendre jusqu’`a la c^ote, tu vas rejoindre une bande qui attend au bord de la mer mes ordres d'efinitifs. Tu rencontreras ces braves gens aupr`es de la grotte o`u habite Bouzille.

Le c'el`ebre bandit tira alors de dessous son manteau une sorte de filet aux allures de filet de p^eche, il le remit au bonneteur.

Il ajouta encore :

— Tu demanderas `a parler au Bedeau. Tu lui diras : « Je suis envoy'e par Fant^omas », et tu lui donneras ce filet.

« Il sait ce que cela veut dire.

« Apr`es quoi, Mario Isolino, quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne, tu ob'eiras aveugl'ement aux ordres du Bedeau et souviens-toi toujours que si tu commettais quelque incartade ce serait `a Fant^omas que tu devrais en rendre compte. Allez, fous le camp.

***

Mario Isolino d'egringola rapidement le sommet du ravin, se dirigea au pas de course dans la direction de la falaise.

Certes, il 'etait fort ennuy'e d’^etre embarqu'e dans une aventure myst'erieuse maniganc'ee par Fant^omas, mais cette aventure avait cela de bon, tout au moins, qu’elle l’arrachait momentan'ement, et, peut ^etre pour toujours, aux sympathies exag'er'ees, `a l’amour exc'edant, `a la farouche passion de l’excellente M meH'eberlauf.

***

— J'er^ome Fandor.

— Ouf, qu’y a-t-il ?

— Allons, pas de mani`eres. Debout.

— Ma"is que me voulez-vous ?

— T’occupe pas, jeune homme, ob'eis, sans quoi le rigolo va parler.

Brusquement arrach'e au sommeil, J'er^ome Fandor voyait braqu'es sur lui plusieurs canons de revolver :

Ah c`a, par exemple, que lui arrivait-il encore ?

Avec stup'efaction le journaliste regardait l’homme qui le menacait ainsi et derri`ere lequel se trouvaient trois ou quatre individus aux mines farouches, qui semblaient fort d'ecid'es `a ne pas laisser le journaliste s’'ecarter d’un pouce de la ligne de conduite qu’on voulait lui imposer.

— Bougre, pensa Fandor, voil`a qu’il y a encore de « l’eau dans le gaz », que signifie cette nouvelle histoire ?

J'er^ome Fandor 'etait ext'enu'e par ses marches, contremarches, courses folles pendant toute la nuit.

Fandor, depuis qu’il avait arr^et'e et ligot'e Ivan Ivanovitch, pourchass'e la fille de Fant^omas, fui avec elle devant Juve, couru retrouver le policier, pour repartir sur les traces de Fant^omas, n’avait pas ferm'e l’oeil.

Les incidents du Casino ne devaient pas contribuer `a lui rendre le calme.

Le journaliste avait encore couru `a perdre haleine.

Enfin, vers deux heures du matin, alors que de guerre lasse il se rapprochait de la tani`ere de Bouzille, il 'etait tomb'e sur un talus de verdure, `a l’ombre de grands arbres, il s’y 'etait endormi du sommeil du juste.

`A pr'esent, il se frottait les yeux et regardait ses agresseurs.

— H'e, s’'ecria-t-il, soudain, d’une voix qu’il voulait rendre aimable, h'e, parbleu, mais c’est l’ami le Bedeau qui braque sur moi son rigolo.

Le Bedeau ne broncha pas.

Il hocha la t^ete affirmativement, mais sur ses l`evres il y avait un sourire f'eroce.

Fandor continua son identification par le Barbu qu’il reconnut aussi.

Puis il s’'ecria :

— Mais d'ecid'ement nous sommes en plein pays de connaissances, voil`a, si je ne me trompe, ce brave OEil-de-Boeuf, l’ancien copain de Bec-de-Gaz.

Tous ces hommes n’avaient plus ces allures d’apaches qui leurs 'etaient propres lorsqu’ils habitaient Paris.

Pour « op'erer » `a Monaco, ils s’'etaient mis `a l’unisson de l’'el'egante client`ele de la C^ote d’Azur. Ils s’'etaient habill'es, les uns en cochers de bonne maison, les autres en conducteurs d’automobile.

Fandor reconnut aussi le quatri`eme individu qui se tenait `a quelques m`etres en arri`ere :

C’'etait Mario Isolino.

— Le bonneteur, s’'ecria-t-il, stup'efait de le voir en libert'e.

Mario Isolino, fort ennuy'e d’^etre identifi'e, se rapprocha d’un pas et par prudence il allait protester qu’il ne tenait qu’un r^ole de figurant dans toute cette affaire, mais le Bedeau, d’une pouss'ee brusque, le renvoya en arri`ere :

— Toi, le macaroni, hurla-t-il, t^ache de la boucler, on ne te demande pas ton avis.

Mario Isolino ne se le fit pas r'ep'eter.

Il pirouetta sur les talons et se tint prudemment `a l’'ecart, d'ecid'e, cette fois, `a ne plus souffler mot.

L’Italien avait scrupuleusement ex'ecut'e les ordres de Fant^omas.

Au lieu indiqu'e, il avait trouv'e la bande, il avait remis le filet au Bedeau, puis suivi celui-ci et ses compagnons, le Bedeau lui en ayant donn'e l’ordre.

Les paroles cordiales de Fandor ne faisaient aucune impression sur ses agresseurs. Le journaliste s’en rendait compte et consid'erait avec un ennui croissant les canons de revolver braqu'es sur sa poitrine. Que lui voulait-on ?

Fandor 'etait intrigu'e au plus haut point.

Il n’allait pas tarder `a le savoir.

— Fandor, interrogea le Bedeau, bas les masques aujourd’hui. Tu sais ce que c’est qu’une mouche ?

— Ma foi, dit Fandor, je m’en doute du moins. Ca a des ailes, ca bourdonne.

Le Bedeau l’interrompit :

— Ca bavarde aussi et bien trop souvent. Et les mouches, sais-tu ce qu’on en fait ?

— Ma foi, poursuivit Fandor qui commencait `a s’inqui'eter s'erieusement, j’imagine qu’on ne s’en occupe gu`ere et qu’on les laisse aller et venir…

— Non, interrompit encore le Bedeau qui ajouta d’une voix f'eroce :

— Une mouche, quand on la tient, on l’'ecrase. On les d'etruit les mouches, comme nous allons te d'etruire, comme des sales b^etes qu’elles sont, comme une sale b^ete que tu es.

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