ЖАНРЫ

Le magistrat cambrioleur (Служащий-грабитель)
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— Hardi, L'eon.

— Hardi, Michel.

Le prisonnier s’'etait enfui sans avoir v'eritablement l’air de se presser.

Quant aux deux gendarmes, en un clin d’oeil, avec l’habilet'e consomm'ee de deux agents de police qui n’en sont pas `a leur premi`ere arrestation, ils d'esarmaient leurs agresseurs, les renversaient sur la route, leur passaient les menottes, et demeur'es ma^itres du terrain, se relevaient alors, et, `a la stup'efaction de B'eb'e et de l’'El`eve,

— Ma foi, mon vieux Michel, ca s’est pass'e comme sur des roulettes.

— Exactement comme M. Fandor l’avait pr'evu, mon bon L'eon.

Comme M. Fandor l’avait pr'evu, se r'ep'etait le malheureux B'eb'e… Qu’est-ce que tout cela signifie ? Est-ce que, par hasard, Fant^omas nous aurait trahis. Est-ce que, par hasard ?

B'eb'e n’eut pas le temps de r'efl'echir plus avant.

— Allons, debout, ordonna l’un des gendarmes. On va vous emmener `a Saint-Calais.

D’une voix o`u B'eb'e croyait deviner un fou rire contenu, le gendarme ajouta :

— Vous venez de faire 'evader notre prisonnier, votre affaire est claire, vous verrez ce qu’on vous comptera demain. En route.

Pendant ce temps-l`a, d’un fourr'e voisin, Fandor, heureux et satisfait de la r'eussite de sa ruse, surveillait le d'epart de L'eon et de Michel emmenant l’'El`eve et B'eb'e qui faisaient piteuse mine.

27 – HEURES D’ANGOISSE

— Quoi ? fit Fant^omas, d’une voix irrit'ee et du ton d’un homme qui est exc'ed'e d’^etre d'erang'e perp'etuellement.

Le brave concierge prit une mine affect'ee :

— Je vous demande bien pardon, monsieur le juge, ca n’est pas de ma faute, mais M. le procureur g'en'eral m’envoie voir si vous ^etes `a votre cabinet.

— Alors, fit Fant^omas, mettons que j’y suis. Que faut-il ?

— Dans ce cas, d'eclara le concierge, du moment que vous y ^etes, monsieur le juge, M. le procureur g'en'eral m’a charg'e de vous dire qu’il serait tr`es d'esireux de vous voir.

— Mais je sors de son cabinet.

— Je ne dis pas le contraire, monsieur le juge.

— C’est bien, je me rends `a l’instant chez M. le procureur g'en'eral. D’ailleurs, il est tout pr`es de midi, et c’est le moment de s’en aller d'ejeuner.

Le faux magistrat, tout en rev^etant en h^ate son pardessus, en coiffant son chapeau, disait `a Croupan, le commis-greffier :

— Vous pouvez vous en aller, mais d'ep^echez-vous de prendre votre repas. Il faut que vous soyez l`a dans une heure et demie au plus tard, nous avons `a travailler, cet apr`es-midi.

Le commis-greffier jeta un mauvais regard `a ce patron d'ecid'ement trop fanatique.

Fant^omas, avec une h^ate f'ebrile, s’'etait rendu chez le procureur.

Comme il traversait les couloirs, malgr'e son intention d’arriver vite, il fut arr^et'e en cours de route par des membres du Tribunal, des avocats, qui venaient de se produire. Depuis le matin, d’ailleurs, l’affolement r'egnait au Palais de Justice.

Tout le monde, dans le milieu judiciaire, savait que, la veille au soir, le fameux extrad'e de la prison de Louvain, l’homme qui 'etait emprisonn'e dans la c'el`ebre maison cellulaire de Belgique, qu’on amenait pour ^etre jug'e `a Saint-Calais sous l’inculpation d’^etre l’auteur moral de tous les crimes commis ces temps derniers, avait r'eussi `a s’'evader gr^ace `a des complicit'es de deux individus, que Fant^omas, 'etait libre.

Et l’on demandait au juge Pradier des renseignements, des d'etails, que le faux magistrat d’ailleurs s’abstenait de fournir.

— Je ne sais rien, messieurs, rien de plus que ce que vous savez vous-m^emes, affirmait-il en s’arrachant d’un groupe de curieux qui sollicitaient ses confidences.

Puis Fant^omas, acc'el'erant encore son allure, parvint enfin au cabinet du procureur g'en'eral.

— Vous m’avez fait demander ?

— Oui, j’ai du nouveau `a vous apprendre, mon cher Pradier.

— De quoi s’agit-il ?

— Parbleu, toujours de la m^eme affaire, de la terrible histoire de la gare de Connerr'e.

— Aurait-on repinc'e Fant^omas ?

— Non, avoua le procureur. On n’a pas repris ce bandit. Mais on a arr^et'e les individus qui l’ont fait 'evader.

— C’est d'ej`a quelque chose.

— C’est m^eme beaucoup, car, je suis persuad'e qu’en interrogeant habilement ces individus, deux apaches, d’ailleurs, que nous connaissons, nous allons finir par d'ecouvrir la trame d’un v'eritable complot ourdi en faveur de l’effroyable bandit Fant^omas. Mon cher Pradier, ces hommes sont en route pour Saint-Calais, je viens de l’apprendre `a l’instant par une d'ep^eche de service, et d`es deux heures de l’apr`es-midi, ils seront `a votre disposition. Naturellement, je compte sur vous pour mener `a bien votre enqu^ete.

— Monsieur le procureur, vous pouvez ^etre assur'e de mon concours le plus d'evou'e.

— Je n’en doute pas, Pradier, je n’en doute pas.

L`a dessus, Fant^omas disparut. Le procureur immobile, songeur, murmura :

— Pourvu que nous finissions par en sortir.

***

Fant^omas, ou pour mieux dire le juge Pradier, depuis qu’il 'etait arriv'e `a Saint-Calais, n’avait pas m^eme pris le temps de s’assurer un domicile.

Il 'etait descendu le premier soir `a l’ H^otel Europ'een, et il y 'etait rest'e, y prenant ses repas dans une petite salle `a part, couchant dans la chambre qu’il avait occup'ee la premi`ere fois qu’il arrivait `a Saint-Calais.

Fant^omas d'ejeunait ce jour-l`a sans le moindre app'etit. L’effroyable bandit semblait de plus en plus inquiet sur les suites de l’aventure dans laquelle il s’'etait fourvoy'e. La situation se compliquait pour lui. Et cependant, malgr'e tout, il avait confiance en son 'etoile. Il ne doutait pas que les choses s’arrangeraient au mieux de ses int'er^ets et de ses d'esirs.

Le Roi du Crime se trompait.

Certes, le coup audacieux qu’il avait combin'e avait l’air d’avoir r'eussi, le personnage myst'erieux qui se trouvait `a sa place `a la prison de Louvain avait 'et'e bel et bien mis en libert'e. Mais Fant^omas avait donn'e des instructions aux deux complices charg'es d’assurer cette 'evasion et leur avait ordonn'e de faire dispara^itre ensuite le prisonnier arrach'e aux gendarmes, et de le tuer sans r'emission. Or, Fant^omas, s’il avait appris que la premi`ere partie de son projet 'etait r'ealis'ee, n’avait point entendu dire qu’un meurtre e^ut 'et'e commis sur la personne de l’extrad'e. Cela le pr'eoccupait singuli`erement, car il redoutait que les bandits, ses complices, n’eussent manqu'e leur coup. Et puis, avaient-ils besoin de se faire arr^eter ? Ce n’'etait pas indispensable, et m^eme c’'etait maladroit, car, il n’y avait pas `a en douter, le procureur venait de l’en informer. B'eb'e et l’'El`eve avaient 'et'e appr'ehend'es.

— Enfin, se dit Fant^omas apr`es avoir consult'e sa montre, d’ici une heure je serai renseign'e. D’ici une heure, d’ailleurs, il se sera peut-^etre pass'e bien des choses.

Ici le bandit fut interrompu dans ses r'eflexions ; le garcon qui le servait `a table lui apportait une lettre :

— De la part de la marquise de Tergall.

Le garcon l’interrogeait :

— Y a-t-il une r'eponse ?

Fant^omas d'echira l’enveloppe, lut :

— Non, fit-il, vous pouvez vous retirer.

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