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ЖАНРЫ

La main coup?e (Отрезанная рука)
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Le directeur de la Soci'et'e des Bains'etait affol'e, livide, hors de lui :

— Que se passe-t-il ? mon Dieu, que se passe-t-il ?

Mais Juve, l’arr^etait, `a peine entr'e dans la pi`ece :

— N’entrez pas, dit-il sur un ton sans r'eplique. Les choses sont bien assez compliqu'ees comme ca. Restez l`a o`u vous ^etes.

Et comme `a cette apostrophe M. de Vaugreland protestait :

— Mais enfin. Qui donc a pu ?

Juve encore une fois lui coupa la parole :

— Qui a pu ? nous le verrons plus tard. Ce qu’il faudrait savoir maintenant c’est comment on a pu tuer votre caissier.

Et Juve `a nouveau d'esigna aux arrivants le sol sabl'e sur lequel on n’apercevait nulle trace de pas…

— C’est un myst`ere, c’est un sortil`ege, reprenait M. de Vaugreland. C’est inexplicable.

Fandor, lui, tout le temps que ce colloque durait, se bornait `a hocher la t^ete :

— Un myst`ere ?… peuh !… inexplicable ?… peuh !…

Or, soudain, comme les personnages qui assistaient `a cette lugubre enqu^ete semblaient, interdits, ne plus trop savoir o`u donner de la t^ete, Juve `a haute et intelligible voix, une voix qui ne tremblait m^eme point, s’exclama :

— Ah ca, par exemple, on n’a pas march'e sur le sol, mais on a march'e au plafond.

— Au plafond ?

Fandor relevait l’exclamation du policier avec une certaine incr'edulit'e.

Juve devenait fou sans doute ? Marcher au plafond.

Est-ce qu’on pouvait marcher au plafond ?

Et instinctivement, sans m^eme prendre le temps de la r'eflexion, Fandor s’'elanca en avant pour rejoindre le policier et voir ce qu’il regardait.

Or, Fandor n’avait pas fait trois pas pour traverser la chambre secr`ete et se pr'ecipiter `a la rencontre de Juve qu’il reculait, tr'ebuchant, criant, suffoqu'e, 'etourdi.

Et en m^eme temps, faisant un vacarme 'epouvantable aux quatre angles de la pi`ece, des carillons 'electriques se d'eclench`erent, sonnant avec une continuit'e 'enervante.

— Fandor, Fandor.

Aux cris de son ami, Juve, s’'etait 'elanc'e en avant.

Or, tout comme Fandor voil`a que Juve devait reculer en arri`ere 'etouffant, lui aussi sautant en l’air, hurlant de douleur.

Et le carillon redoublait.

Pour le coup M. de Vaugreland qui jusqu’alors n’avait trop rien dit, si affol'e qu’il semblait `a demi-mort et pr^et `a s’'evanouir, fit effort sur lui-m^eme.

— Attention, grands dieux, hurla-t-il, vous vous feriez tuer. Il y a les fils.

— Les fils ? quels fils ?

Fandor qui se frottait consciencieusement les membres et n’osait plus risquer un mouvement, ne comprenait rien du tout `a l’avertissement du directeur.

Juve au contraire se livrait `a une 'etrange mimique. `A peine M. de Vaugreland avait-il parl'e qu’il s’'etait jet'e sur le sol et, `a plat ventre, se tra^inait vers le cadavre de Louis Meynan.

— Les fils, il y a les fils, et l’on a march'e au plafond, parbleu, mais je comprends, je comprends.

— Vous comprenez ? interrogea nerveusement M. de Vaugreland, qu’est-ce que vous comprenez donc ?

— Dites-moi d’abord `a quoi servent au juste ces fils ?

M. de Vaugreland 'etait `a nouveau si stup'efi'e, si affol'e par la manoeuvre de Juve qui venait de se coucher sur le dos et regardait fixement le plafond, qu’il ne r'epondait point. En revanche, P'erouzin, l’ex-notaire devenu inspecteur, donnait les renseignements que demandait Juve :

— Les fils ? mais ce sont tout simplement des fils 'electriques, si t'enus qu’on ne les voit pas `a l’oeil nu et qui sont tendus au travers de la chambre secr`ete. Ces fils sont parcourus par de terribles courants 'electriques. Si on les fr^ole, ils peuvent ou tuer leur homme ou d'eclencher les carillons 'electriques que vous entendez encore. Vous et votre ami vous les avez heurt'es en avancant, d’o`u ces d'echarges qui vous ont fait mal, d’o`u ces sonneries.

Et Juve, tout le temps que l’inspecteur parlait et bien que ce ne f^ut gu`ere le moment de manifester une gaiet'e profonde, ricanait d’un air satisfait :

— Parfait. Tu saisis, maintenant, Fandor ?

— Ma foi non !

— Alors, tu n’es qu’un idiot.

Mais M. de Vaugreland voulait savoir :

— Et moi ? demanda-t-il d’un ton humble, moi aussi je voudrais bien ^etre renseign'e, et moi aussi je ne comprends rien du tout `a ce qui se passe ?

— Ah, vous voudriez comprendre ? Ce n’est pas difficile, regardez donc ces pas, monsieur, o`u je vous montre, en l’air.

Juve `a nouveau signalait `a l’attention des personnalit'es pr'esentes les traces de pas bien visibles au plafond, qui traversaient toute la pi`ece venant de la galerie Nord et allant vers la galerie Sud.

— Parbleu, expliquait Juve, c’est simple comme bonjour, un enfant inventerait cela, mais tout de m^eme c’est rudement fort.

— Mais quoi, Juve ? quoi ? parlez donc.

— Voil`a, Fandor, voil`a. Laisse-moi chercher des d'etails.

Juve, brusquement se redressa.

Il avait l’air parfaitement ma^itre de lui-m^eme, et parlait avec l’assurance d’un professeur faisant son cours :

— Voici tr`es exactement d'eclarait le policier, comme les choses ont d^u se passer. Louis Meynan est entr'e ici pour rejoindre la caisse. Il connaissait l’emplacement des fils 'electriques servant `a mettre les coffres `a l’abri de toute tentative d’effraction et il s’est gliss'e sous eux comme il le faisait chaque soir. Or, le malheureux caissier n’'etait pas arriv'e au milieu de la chambre secr`ete, c’est-`a-dire qu’il avait encore en mains la clef qui allait servir `a ouvrir l’acc`es des caves, qu’il est tomb'e mort, tu'e sur place par l’'ep'ee que l’assassin lui passait au travers du corps. D’o`u venait cette 'ep'ee ? o`u 'etait l’assassin ? Messieurs, l’'ep'ee venait du plafond, l’assassin 'etait au plafond.

— Que diable, protesta M. de Vaugreland, vous ne nous ferez jamais admettre, monsieur Juve, qu’un homme ait march'e au plafond, `a l’envers, `a la facon d’une mouche ?

Mais Juve secoua la t^ete :

— Oh, dit-il, que je vous le fasse admettre ou non, il n’en reste pas moins que les choses se sont pass'ees comme je vous le dis : il avait une corde.

— Une corde ?

Juve, du doigt d'esignait au-dessus de la porte Nord, puis au-dessus de la porte Sud deux pitons scell'es au mur :

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