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ЖАНРЫ

La main coup?e (Отрезанная рука)
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Et force 'etait `a Juve, au bout de quelques minutes, de d'ecider qu’il lui 'etait impossible de s’'echapper du cabinet directorial par la voie rapide qu’avait suivie son ami.

Juve traversa la pi`ece en courant, retourna `a la porte, cogna dessus de toutes ses forces :

— Eh l`a, y a-t-il quelqu’un ? ouvrez, ouvrez.

Dans la galerie qui menait au cabinet de M. de Vaugreland, c’'etait aussit^ot un brouhaha affair'e. Aux cris de Juve, des huissiers se d'ecid`erent `a accourir.

`A travers la porte, Juve parlementa :

— Ouvrez, nom d’un chien.

— Ouvrir ? Comment ouvrir ?

— Mais oui, nous sommes enferm'es.

Juve, la porte `a peine ouverte, – elle avait 'et'e ferm'ee d’un simple tour de clef, et la clef 'etait rest'ee dans la serrure, – commenca une enqu^ete rapide :

— Avez-vous vu quelqu’un venir de ce c^ot'e ?

— Non, monsieur, personne.

— Vous ne savez pas qui a pu fermer cette porte `a clef ?

— Oh, ma foi non.

— Ce n’est pas l’un de vos coll`egues, par hasard ?

— Non, monsieur, non. Depuis un quart d’heure, nous 'etions tous en bas, `a prendre les ordres du chef du personnel.

Juve, renoncant `a 'eclaircir la facon myst'erieuse dont la porte avait 'et'e ferm'ee, allait s’'elancer dans la direction de l’escalier et se pr'ecipiter enfin `a la recherche de Fandor, lorsque, dans la galerie, un nouveau personnage fit son apparition, tout en sueur, haletant, essouffl'e, au comble de l’'enervement : Maurice, l’un des croupiers les plus estim'es des tables de roulette.

— Qu’est-ce qu’il y a ? cria Juve, qui, rien qu’`a l’attitude de l’individu, soupconnait encore quelque chose d’extraordinaire. Que se passe-t-il ?

Le croupier, qui ne connaissait pas Juve, bouscula presque le policier pour p'en'etrer dans le cabinet de M. de Vaugreland.

— M. le directeur ? O`u est M. le directeur ?

— Quoi ? me voil`a, qu’est-ce qu’il y a ?

Et Juve qui 'etait revenu sur ses pas pour suivre le croupier demandait de son c^ot'e :

— Parlez donc, bon sang. Qu’est-ce que vous lui voulez au directeur ? qu’est-ce qui se passe ?

Alors d’une seule traite, le croupier annonca :

— Il se passe, monsieur, que c’est affolant. Voil`a dix-sept fois de suite que le 7 sort `a la table 7 de roulette. C’est `a n’y rien comprendre. La banque perd tout ce qu’elle veut.

***

Le croupier, qui avait un peu retrouv'e son calme, donnait `a M. de Vaugreland, plus tranquille, lui aussi, les explications n'ecessaires :

— Monsieur le directeur, je vous assure qu’il se passe quelque chose de myst'erieux, d’effroyablement myst'erieux, dans les salons de jeux. Depuis dix ans que je suis ici, j’ai assist'e `a des s'eries invraisemblables, mais enfin, jamais, au grand jamais, je n’ai vu un num'ero revenir avec la r'egularit'e affolante que le 7 met `a sortir en ce moment.

— Question de hasard ?

— De hasard ? oui, 'evidemment. Il le faut bien, puisque les joueurs ne peuvent tricher `a la roulette, puisqu’on ne peut m^eme pas admettre qu’un croupier, si habile soit-il, puisse truquer un coup…

— Eh bien alors ?

— Eh bien, monsieur, que voulez-vous, c’est peut-^etre le hasard, en effet, mais c’est un hasard impressionnant, et c’est pourquoi j’ai tenu `a vous informer, monsieur le Directeur. C’est le sept qui sort tout le temps, monsieur le Directeur, le sept. Si seulement c’'etait un autre num'ero.

Juve protesta :

— Cela ne change rien `a l’affaire ?

— Eh si, monsieur, parce que le sept, le sept, mais c’est le num'ero qui avait fait gagner ce malheureux jeune homme. Ce jeune homme qui a 'et'e assassin'e. M^eme c’est encore heureux que ce soit le sept qui sorte ainsi. Ce num'ero-l`a maintenant, il y a peu de gens qui osent le miser. Sans ca, avec la s'erie qu’il fait, nous aurions perdu encore bien plus, nous devrions, `a l’heure qu’il est, mettre les meubles au clou et prendre des hypoth`eques sur les b^atiments.

***

Une heure plus tard, Juve se trouvait encore dans les salons de jeux.

Renoncant `a rattraper Fandor, Juve 'etait descendu dans la salle de jeu.

— Le sept sort d’une facon extraordinaire, s’'etait dit Juve, il doit y avoir une raison `a cela. Et puis, franchement, il se passe trop de choses « extraordinaires », dans ce Casino, pour que je ne cherche pas `a comprendre.

Et Juve se promenait dans les salons de jeux, faisant de son mieux pour passer inapercu, surveillant la table de roulette, qu’avait signal'ee le croupier Maurice.

Mais le 7 ne sortait plus.

***

— Monsieur Durand ? Non, Monsieur Duval ? Ah c’est peut-^etre bien Monsieur Dupont ?

— C’est vous, mademoiselle, comment va ?

— Ma foi, mon cher, la sant'e n’est pas mauvaise. Et toi ? Cela va mieux, dis ?

— Comment, cela va mieux ? je n’ai jamais 'et'e malade.

— Non, c’est vrai, mais ca fait tr`es bien de demander ca `a ses amis. Dis donc, mon coco, tu gagnes ou tu perds ?

Louppe, qui, famili`erement, venait de prendre le bras de Juve, et semblait en grande intimit'e avec le policier, qu’elle continuait `a tutoyer, n’attendit m^eme pas la r'eponse :

— Et puis tu sais, achevait-elle, c’est rigolo comme tout, c’est farce, en diable, ce pays-l`a. Figure-toi, mon loup, que j’ai d'ej`a retrouv'e ici des tas de connaissances ? Isabelle de Guerray est l`a, tu l’as vue ?

— Mais vous vous trompez, ma ch`ere, ce n’est pas moi qui connais M mede Guerray, c’est mon ami.

— Ah oui, le petit jeune homme ? celui qui est si taquin ? Tiens, o`u est-il donc ? Au fait, c’est indiscret ce que je vous demande l`a, monsieur Dupont. Dis donc, mon cher, veux-tu que je te pr'esente `a Isabelle ? Justement elle donne ce soir un grand d^iner o`u on va s’amuser ferme. Et on manque d’hommes. Veux-tu que je te fasse inviter ?

— Mais vous n’y songez pas, ma petite amie. Me faire inviter chez M mede Guerray ? Ce serait de la derni`ere ind'elicatesse de ma part. Je n’y conna^itrais personne, `a ce d^iner.

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